Adoption règle bénédictine vers 870 (≈ 870)
Réforme par Charles le Chauve et Isaac.
989
Réforme de Guillaume de Volpiano
Réforme de Guillaume de Volpiano 989 (≈ 989)
Réorganisation monastique clunisienne.
1001–1018
Construction basilique et rotonde
Construction basilique et rotonde 1001–1018 (≈ 1010)
Symbole du renouveau architectural.
1137
Incendie de l’abbatiale
Incendie de l’abbatiale 1137 (≈ 1137)
Reconstruction en style roman.
1280–1393
Église gothique
Église gothique 1280–1393 (≈ 1337)
Remplacement de la basilique effondrée.
1792
Devenue cathédrale
Devenue cathédrale 1792 (≈ 1792)
Après dissolution des ordres religieux.
1930
Installation du musée archéologique
Installation du musée archéologique 1930 (≈ 1930)
Dans l’aile romane et le dortoir.
1939 et 1979
Classements Monuments Historiques
Classements Monuments Historiques 1939 et 1979 (≈ 1979)
Cellier et logis abbatial protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le cellier : classement par arrêté du 16 juin 1939 - L'ancien logis abbatial : trois salons, chambre à coucher, salle à manger et leur décor (cad. EW 200) : inscription par arrêté du 9 mars 1979 - Les parties appartenant à l'Etat telles teintées en rouge et en vert sur le plan annexé à l'arrêté, à savoir : la cathédrale avec sa clôture extérieure, sa sacristie et son couloir, et la crypte Saint-Bénigne (cad. EV 362) ; le dortoir des bénédictins avec la clôture, le portail et le pavillon de gardien sur la rue du Docteur-Maret (cad. EV 362) ; le sol de la parcelle EV 362 correspondant notamment à l'ancien cloître ; le bâtiment du XVIIIe siècle de l'ancien palais abbatial, actuellement partie de l'école nationale des Beaux-Arts, y compris le portail, le mur sur la rue Michelet et le pavillon de gardien, ainsi que le sol de la cour sud (cad. E 363) ; le jardin contigu, à l'est, à l'ancien dortoir des bénédictins, à savoir la totalité de la partie non bâtie de la parcelle EV 363, située au nord du palais abbatial : classement par arrêté du 6 juin 2014
Personnages clés
Saint Bénigne - Martyr chrétien (IIᵉ siècle)
Patron de l’abbaye et de Dijon.
Grégoire de Langres - Évêque (VIᵉ siècle)
Fondateur légendaire selon Grégoire de Tours.
Guillaume de Volpiano - Abbé réformateur (989–1031)
Initiateur de la basilique et rotonde.
Brunon de Roucy - Évêque de Langres (Xᵉ–XIᵉ siècle)
Mécène de la reconstruction.
Raoul Glaber - Moine chroniqueur (vers 990–1050)
Témoin écrit de la réforme monastique.
Dom Thomas Le Roy - Célérier et historien (XVIIᵉ siècle)
Auteur d’une *Histoire du Monastère*.
Otte-Guillaume - Comte de Mâcon (XIᵉ siècle)
Avoué et bienfaiteur de l’abbaye.
Origine et histoire
L'abbaye Saint-Bénigne de Dijon, fondée au IXe siècle par les moines bénédictins, est l’un des plus anciens établissements religieux de Bourgogne. Selon la légende, elle aurait été édifiée à l’emplacement du tombeau de saint Bénigne, martyr chrétien du IIe siècle, après une apparition à l’évêque Grégoire de Langres. Attestée dès le VIe siècle comme lieu de dévotion, elle adopte la règle bénédictine vers 870 sous l’impulsion de l’évêque Isaac et du roi Charles le Chauve. La communauté monastique, initialement modeste, s’agrandit considérablement après la réforme menée par Guillaume de Volpiano en 989, envoyée par l’abbé Mayeul de Cluny.
La reconstruction de l’abbatiale, lancée en 1001 par Guillaume de Volpiano et l’évêque Brunon de Roucy, marque un tournant avec l’édification d’une basilique doublée d’une rotonde, symbole du renouveau monastique. Incendiée en 1137, l’abbatiale est reconstruite en style roman, puis transformée en gothique entre 1280 et 1393 après l’effondrement de la basilique en 1271. Les Bénédictins de Saint-Maur entreprennent au XVIIe siècle des modifications classiques, avant que l’abbatiale ne devienne cathédrale en 1792, à la suite de la dissolution des ordres religieux pendant la Révolution.
L’aile romane du XIe siècle, parmi les plus anciennes de France, abrite depuis 1930 le musée archéologique de Dijon. Ce dernier occupe la salle capitulaire (XIe siècle), le scriptorium, et le dortoir gothique (XIIIe siècle), tandis que le palais abbatial du XVIIIe siècle accueille aujourd’hui l’École nationale des beaux-arts. La crypte, les tympans sculptés (XIIe–XIIIe siècles), et les sépultures médiévales témoignent de son riche passé. Classée Monument Historique, l’abbaye conserve aussi des archives majeures, dont un cartulaire du IXe siècle et des bulles papales.
La rotonde, chef-d’œuvre de l’an mil, illustre l’influence de Guillaume de Volpiano, figure clé de la réforme monastique. Les fouilles archéologiques (1976–1978) ont révélé des éléments de l’église primitive et du cloître, où 65 sépultures ont été exhumées, dont celles de moines, seigneurs et même un duc de Pologne. Les tympans sculptés, comme celui du Christ en majesté (XIIe siècle), et les pierres tombales médiévales (dont certaines conservées au musée) soulignent son importance artistique et funéraire.
L’abbaye a également joué un rôle politique et économique, grâce à des donateurs comme Otte-Guillaume, comte de Mâcon, et à la gestion de ses terres, comme l’achat de la seigneurie de Ville-Comte en 1287. Après la Révolution, ses bâtiments ont été réaffectés : le cellier (XIIIe siècle) et le logis abbatial (XVIIe–XIXe siècles) sont protégés depuis 1939 et 1979. Aujourd’hui, le site allie patrimoine religieux, muséal et éducatif, tout en restant un symbole de l’histoire dijonnaise et bourguignonne.
Parmi les personnages marquants figurent Raoul Glaber, moine chroniqueur au XIe siècle, et dom Thomas Le Roy, auteur d’une Histoire du Monastère au XVIIe siècle. Les armoiries de l’abbaye (d’azur à deux lances d’or) et ses sceaux médiévales, comme celui de 1208 représentant saint Bénigne, reflètent son identité institutionnelle. Enfin, les archives, conservées aux Archives départementales de la Côte-d’Or, offrent un fonds exceptionnel sur la vie monastique et la gestion domaniale en Bourgogne.
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