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Abbaye Saint-Césaire d'Arles dans les Bouches-du-Rhône

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye Saint-Césaire d'Arles

    Rue de l'Abbaye
    13200 Arles
Propriété de la commune ; propriété privée
Abbaye Saint-Césaire dArles
Abbaye Saint-Césaire dArles
Abbaye Saint-Césaire dArles
Abbaye Saint-Césaire dArles
Abbaye Saint-Césaire dArles
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Abbaye Saint-Césaire dArles
Abbaye Saint-Césaire dArles
Abbaye Saint-Césaire dArles
Abbaye Saint-Césaire dArles
Crédit photo : Finoskov - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
500
600
700
800
900
1000
1700
1800
1900
2000
512
Fondation du monastère Saint-Jean
567-569
Séjour de Radegonde
887
Restauration par Rostang
972
Autonomie retrouvée
1792
Vente comme bien national
1898
Inauguration de l’hospice
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle Saint-Jean-de-Moustiers (précédemment dénommée Eglise basse de Saint-Césaire) : classement par liste de 1840 - Ancienne église Saint-Blaise : classement par arrêté du 16 novembre 1908 - Porterie du Grand Couvent, rue du Grand-Couvent : tour, passage au-dessus de la rue, logis de l'abbesse, portail d'entrée, maison 1906 et les éléments anciens qu'elle renferme (cad. AE 349, 350, 501 à 504) : classement par arrêté du 21 juillet 1989

Personnages clés

Césaire d’Arles - Archevêque et fondateur Créa le monastère en 512 pour sa sœur.
Césarie - Première abbesse (512-527) Sœur de Césaire, dirigeante initiale.
Rusticule - Quatrième abbesse (569-632) Sainte locale, auteure de la *Vita*.
Rostang - Archevêque restaurateur (IXᵉ s.) Répara l’abbaye après les Sarrasins.
Ermengarde - Abbesse (Xᵉ s.) Rétablit l’autonomie en 972.
Marguerite de Clermont - Abbesse réformatrice (XVIᵉ s.) Demanda la fermeture d’un passage en 1559.

Origine et histoire

L’abbaye Saint-Césaire d’Arles, initialement nommée monastère Saint-Jean, fut fondée en 512 par Césaire, archevêque d’Arles, pour sa sœur Césarie, première abbesse. Ce monastère féminin, installé dans l’angle sud-est des remparts, succédait à une première fondation détruite lors du siège d’Arles en 507-508. Dès le VIe siècle, il devint un lieu d’influence, accueillant des figures royales comme l’épouse du roi de Bourgogne Gontran, et diffusant la Règle de Césaire dans le royaume franc. Les reliques de la Sainte-Croix, probablement liées au séjour de la reine Radegonde, et la présence de plusieurs églises (Sainte-Croix, Saint-Michel, Saint-Pierre) témoignent de son rayonnement spirituel et architectural.

Entre le VIIe et le IXe siècle, le couvent semble avoir disparu avant d’être restauré par l’archevêque Rostang en 887, après des pillages sarrasins. Dotée de vastes domaines en Camargue, Provence et Comtat Venaissin, l’abbaye retrouva son autonomie en 972 sous l’abbesse Ermengarde. Au Moyen Âge, elle joua un rôle économique majeur, exploitant ses terres en direct puis en métayage à partir du XVe siècle. La crise démographique des XIVe-XVe siècles (peste, conflits) réduisit drastiquement sa communauté, passant de 108 moniales en 1343 à 22 en 1428, tout en exacerbant les tensions internes et les conflits avec l’archevêché.

À l’époque moderne, l’abbaye connut des réformes disciplinaires, comme l’introduction de la règle bénédictine mauriste au XVIIe siècle par l’archevêque Jean Jaubert de Barrault. Après la Révolution, le couvent fut vendu comme bien national en 1792 et partiellement détruit. Au XIXe siècle, les sœurs de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs y installèrent un hospice (1898), avant son abandon définitif en 1995. Les vestiges protégés (chapelle Saint-Jean-de-Moustiers, église Saint-Blaise, porterie) illustrent aujourd’hui son héritage architectural, des XIe et XXIIIe siècles.

L’abbaye fut un lieu de pouvoir féminin exceptionnel, avec des abbesses issues de l’aristocratie provençale ou royale, comme Rusticule (VIe siècle), Ermengarde (Xe siècle), ou Marguerite de Clermont (XVIe siècle). Son histoire reflète les enjeux religieux, politiques et sociaux de la Provence médiévale et moderne, entre autonomie monastique, contrôle épiscopal et adaptations économiques. Les archives mentionnent aussi des conflits internes, comme la fuite d’une moniale au XVe siècle en raison du relâchement des mœurs.

Architecturalement, le site conserve des éléments clés : la chapelle Saint-Jean-de-Moustiers (XIe-XIIe siècles), l’ancienne église Saint-Blaise (XIe-XIIIe siècles), et la porterie du Grand Couvent, remaniée aux XVe, XVIIe et XXe siècles. Ces bâtiments, classés Monuments Historiques, témoignent des phases de construction et de réaménagement liées à son évolution, des origines mérovingiennes à sa reconversion en hospice. La propriété de la chapelle fut transférée à la ville d’Arles en 2008.

Liens externes