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Abbaye Saint-Étienne de Marmoutier dans le Bas-Rhin

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye Eglise romane

Abbaye Saint-Étienne de Marmoutier

    Place du Général-de-Gaulle
    67440 Marmoutier

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
800
900
1000
1800
1900
2000
vers 589
Fondation par saint Léobard
724
Reconstruction après incendie
728
Réforme bénédictine
824
Incendie et reconstruction
971
Consécration de l’abbatiale
1840
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Saint Léobard - Fondateur et moine irlandais Disciple de Colomban de Luxeuil
Childebert II - Roi d’Austrasie Financeur de la fondation
Saint Maur - Cinquième abbé Reconstructeur et éponyme de Marmoutier
Saint Pirmin - Réformateur bénédictin Introduit la règle en 728
Louis le Pieux - Empereur carolingien Soutien à la reconstruction (816)
Drogon - Évêque de Metz Responsable de l’abbaye après 824
André Silbermann - Facteur d’orgues Auteur des orgues (1710)
Albert Schweitzer - Musicologue et organiste Restaure les orgues en 1955

Origine et histoire

L’abbaye Saint-Étienne de Marmoutier fut fondée vers 589 par des moines irlandais menés par saint Léobard, disciple de Colomban de Luxeuil. Soutenue financièrement par Childebert II, roi d’Austrasie, elle adopta la règle bénédictine au VIIIe siècle après un incendie. Saint Maur, cinquième abbé, la reconstruit et lui donna son nom actuel (Mauri Monasterium), tandis que saint Pirmin y introduisit la réforme bénédictine en 728. L’abbaye, richement dotée par les Mérovingiens, prospéra grâce à ses vastes domaines.

Au IXe siècle, l’abbaye fut reconstruite après un nouvel incendie (824) sous l’impulsion de Louis le Pieux et confiée à Drogon, évêque de Metz. L’église abbatiale, consacrée en 971, arbore une façade romano-byzantine du XIe siècle, symbole de sa grandeur passée. Prospère jusqu’au XIIe siècle, elle déclina ensuite à cause des guerres (Paysans allemands en 1525, Trente Ans en 1618), avant d’être supprimée à la Révolution. Seule l’abbatiale subsiste, classée monument historique dès 1840.

L’église, située place du Marché, conserve des éléments médiévaux (porte du XIIe siècle, tribune) et des ajouts baroques (chœur du XVIIIe siècle, boiseries sculptées). Elle abrite aussi des orgues d’André Silbermann (1710), restaurées en 1955 grâce à Albert Schweitzer, et des tombeaux Renaissance de la famille Géroldseck. Son clocher et ses cloches (dont une de 1707) témoignent de son héritage religieux et artistique.

Classée sur la Route romane d’Alsace, l’abbaye illustre les échanges culturels entre moines irlandais, rois francs et artisans locaux. Son architecture mêle influences romanes, byzantines et gothiques, reflétant son évolution sur plus d’un millénaire. Aujourd’hui, elle reste un lieu de culte et un patrimoine historique majeur du Grand Est.

Liens externes