Frise chronologique
vers 589
Fondation par saint Léobard
Fondation par saint Léobard
vers 589 (≈ 589)
Moines irlandais et soutien de Childebert II
724
Reconstruction après incendie
Reconstruction après incendie
724 (≈ 724)
Saint Maur, cinquième abbé, renomme l’abbaye
728
Réforme bénédictine
Réforme bénédictine
728 (≈ 728)
Introduction par saint Pirmin
824
Incendie et reconstruction
Incendie et reconstruction
824 (≈ 824)
Confiée à Drogon, évêque de Metz
971
Consécration de l’abbatiale
Consécration de l’abbatiale
971 (≈ 971)
Par Erchenbald, évêque de Strasbourg
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments français
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Saint Léobard - Fondateur et moine irlandais |
Disciple de Colomban de Luxeuil |
| Childebert II - Roi d’Austrasie |
Financeur de la fondation |
| Saint Maur - Cinquième abbé |
Reconstructeur et éponyme de Marmoutier |
| Saint Pirmin - Réformateur bénédictin |
Introduit la règle en 728 |
| Louis le Pieux - Empereur carolingien |
Soutien à la reconstruction (816) |
| Drogon - Évêque de Metz |
Responsable de l’abbaye après 824 |
| André Silbermann - Facteur d’orgues |
Auteur des orgues (1710) |
| Albert Schweitzer - Musicologue et organiste |
Restaure les orgues en 1955 |
Origine et histoire
L’abbaye Saint-Étienne de Marmoutier fut fondée vers 589 par des moines irlandais menés par saint Léobard, disciple de Colomban de Luxeuil. Soutenue financièrement par Childebert II, roi d’Austrasie, elle adopta la règle bénédictine au VIIIe siècle après un incendie. Saint Maur, cinquième abbé, la reconstruit et lui donna son nom actuel (Mauri Monasterium), tandis que saint Pirmin y introduisit la réforme bénédictine en 728. L’abbaye, richement dotée par les Mérovingiens, prospéra grâce à ses vastes domaines.
Au IXe siècle, l’abbaye fut reconstruite après un nouvel incendie (824) sous l’impulsion de Louis le Pieux et confiée à Drogon, évêque de Metz. L’église abbatiale, consacrée en 971, arbore une façade romano-byzantine du XIe siècle, symbole de sa grandeur passée. Prospère jusqu’au XIIe siècle, elle déclina ensuite à cause des guerres (Paysans allemands en 1525, Trente Ans en 1618), avant d’être supprimée à la Révolution. Seule l’abbatiale subsiste, classée monument historique dès 1840.
L’église, située place du Marché, conserve des éléments médiévaux (porte du XIIe siècle, tribune) et des ajouts baroques (chœur du XVIIIe siècle, boiseries sculptées). Elle abrite aussi des orgues d’André Silbermann (1710), restaurées en 1955 grâce à Albert Schweitzer, et des tombeaux Renaissance de la famille Géroldseck. Son clocher et ses cloches (dont une de 1707) témoignent de son héritage religieux et artistique.
Classée sur la Route romane d’Alsace, l’abbaye illustre les échanges culturels entre moines irlandais, rois francs et artisans locaux. Son architecture mêle influences romanes, byzantines et gothiques, reflétant son évolution sur plus d’un millénaire. Aujourd’hui, elle reste un lieu de culte et un patrimoine historique majeur du Grand Est.