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Frise chronologique
975
Premier acte de donation
Premier acte de donation
975 (≈ 975)
Fondation attestée de l’abbaye bénédictine.
XIIe siècle
Construction du chevet roman
Construction du chevet roman
XIIe siècle (≈ 1250)
Abside et absidioles édifiées, mosaïques réalisées.
1290
Paréage avec le sénéchal Eustache de Beaumarché
Paréage avec le sénéchal Eustache de Beaumarché
1290 (≈ 1290)
Protection royale et construction des remparts.
1569-1570
Destructions pendant les guerres de Religion
Destructions pendant les guerres de Religion
1569-1570 (≈ 1570)
Abbaye saccagée par les troupes protestantes.
1665
Restauration par les Mauristes
Restauration par les Mauristes
1665 (≈ 1665)
Reconstruction des bâtiments conventuels.
1998
Inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO
Inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO
1998 (≈ 1998)
Au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église et le cloître : classement par arrêté du 25 août 1909 - L'ancien logis abbatial dit " maison des Abbés " et le bâtiment des dépendances, en face (cad. AB 144) , ainsi que le sol de la cour intérieure correspondant à la parcelle AB 143 (y compris le petit terrain d'assiette d'un édicule qu'il englobe, rattaché à la parcelle AB 144) ; les anciens bâtiments conventuels avec l'emprise de l'ancien cloître, à savoir : le bâtiment situé sur la parcelle AB 284, ainsi que les constructions et les sols correspondant aux parcelles AB 139 et AB 281 ; le sol de la parcelle AB 282 et de la parcelle AB 283 : classement par arrêté du 31 janvier 2008
Personnages clés
| Eustache de Beaumarché - Sénéchal du Toulousain |
Signataire du paréage protégeant l’abbaye en 1290. |
| Vincent de Caste - Abbé de Sorde (XVIIe siècle) |
Affilia l’abbaye à Saint-Maur en 1665. |
| Louis de Montesquiou d'Artagnan - Abbé au XVIIIe siècle |
Frère du maréchal de France, abbé commendataire. |
| J. Lauffray - Archéologue (XXe siècle) |
Découvreur des vestiges gallo-romains (1958-1966). |
Origine et histoire
L’abbaye Saint-Jean de Sorde, située à Sorde-l'Abbaye dans les Landes, est une ancienne abbaye bénédictine fondée au moins au Xe siècle, comme en témoigne un acte de donation daté de 975. Elle dépendait du diocèse de Dax et fut un lieu d'étape majeur pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle sur la via Turonensis. Le site, idéalement placé au confluent des gaves de Pau et d’Oloron, abritait déjà une villa gallo-romaine des IIIe-IVe siècles, dont les vestiges (thermes, mosaïques, atrium) furent partiellement intégrés aux constructions monastiques médiévales. L’abbaye, protégée par des remparts au XIIIe siècle après un paréage avec le sénéchal Eustache de Beaumarché, fut plusieurs fois détruite, notamment lors des guerres de Religion (1569-1570), avant d’être restaurée par les Mauristes au XVIIe siècle.
L’église, construite entre les XIe et XIIe siècles, présente un chevet roman remarquable et un portail nord de style gothique. Son intérieur conserve des mosaïques du XIe siècle, inspirées de l’art hispano-arabe, ainsi qu’un maître-autel en marbres polychromes du XVIIIe siècle. Les bâtiments conventuels, reconstruits après 1665, abritaient un cloître à trois galeries, une salle capitulaire, et un cryptoportique avec embarcadère fluvial, témoignant de l’activité économique de l’abbaye. Celle-ci vivait de la dîme, de l’accueil des pèlerins, et de l’exploitation des terres alluviales environnantes. Classée monument historique en 1909 et 2008, l’abbaye est aussi inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998 pour son rôle dans les chemins compostellans.
Les fouilles archéologiques, menées entre 1958 et 1966 par J. Lauffray, ont révélé les thermes romains sous le logis abbatial, ainsi que des chapiteaux sculptés du XIIe siècle dans les absidioles, illustrant des scènes bibliques comme la Décollation de saint Jean-Baptiste ou la Présentation de Jésus au Temple. Ces vestiges, associés aux mosaïques et aux irrégularités du plan de l’église (dûes aux fondations antiques), soulignent la continuité d’occupation du site depuis l’Antiquité. L’abbaye, vendue comme bien national à la Révolution, fut partiellement restaurée au XIXe siècle, bien que certaines modifications aient altéré son aspect roman d’origine.
Parmi les personnages marquants, l’abbé Vincent de Caste affilia l’abbaye à la congrégation de Saint-Maur en 1665 et rédigea son histoire en 1677. Louis de Montesquiou d'Artagnan, abbé au XVIIIe siècle, fut également abbé d’Artous et Mazan, et frère du maréchal de France Pierre de Montesquiou. Les moines vivaient selon la règle de saint Benoît, alternant prière, travail intellectuel (scriptorium, bibliothèque) et tâches matérielles (agriculture, accueil des pèlerins). Le site, aujourd’hui propriété départementale et communale, reste un témoignage exceptionnel de l’art roman, de l’architecture monastique, et de l’histoire des pèlerinages médiévaux.
Devenir actuel
L'Abbaye Saint-Jean de Sorde fait partie des 71 monuments ainsi que 7 portions de chemins sont inscrits depuis 1998 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco sous le titre officiel de « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France ».
Elle est sur le chemin de la Via Turonensis ou « voie de Tours » qui part de la tour Saint-Jacques à Paris.