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Abbaye Saint-Léger d'Ébreuil dans l'Allier

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye Eglise romane

Abbaye Saint-Léger d'Ébreuil

  • Place de la Liberté
  • 03450 Ébreuil
Crédit photo : Harrie Gielen - Sous licence Creative Commons
Propriété d'un établissement public
03450 Ébreuil, Place de la Liberté

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1700
1800
1900
2000
853-866
Translation des reliques
fin VIIIe siècle
Résidence royale carolingienne
926
Fondation du monastère
1080
Érection en abbaye bénédictine
1765
Destruction de l’abbaye
1783
Construction du logis abbatial
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le palais abbatial en totalité, y compris ses décors intérieurs, notamment l'escalier à ferronnerie et le salon orné de stucs, ainsi que le jardin avec son pavillon (cad. AB 298, 300, 458) : inscription par arrêté du 9 mars 2010

Personnages clés

Louis le Pieux - Empereur carolingien Fonda une résidence royale à Ébreuil.
François de Tournon - Abbé commendataire (1509-1526) Cardinal et diplomate influent.
Jacques-François de Sade - Abbé commendataire (1744-1778) Oncle du marquis de Sade, érudit libertin.
Philibert Nicolas Hemey d'Auberive - Dernier abbé (1780-Révolution) Fit construire le logis abbatial en 1783.
Georges Jousse - Historien et architecte Étudia les particularités architecturales de l’abbatiale.

Origine et histoire de l'Abbaye Saint-Léger

L’abbaye Saint-Léger d’Ébreuil, fondée au Xe siècle, fut d’abord une résidence royale carolingienne au VIIIe-IXe siècles, établie par Louis le Pieux. Les moines de Saint-Maixent, fuyant les raids normands, y translatèrent les reliques de saint Léger et saint Maixent vers 853-866, sous l’impulsion d’un souverain carolingien (Charles l’Enfant ou Charles le Simple). En 926, un monastère fut construit, doté par le roi Lothaire, et l’abbatiale fut agrandie au XIe siècle (nef et transept). Érigée en abbaye bénédictine par le pape Grégoire VII en 1080, elle devint un lieu de pèlerinage majeur grâce aux reliques de saint Léger, dont la châsse du XVIe siècle est toujours visible.

Au XVIIIe siècle, l’abbaye fut supprimée par Louis XV (lettres patentes de 1765), et ses bâtiments détruits en 1776 pour laisser place à un hôpital dirigé par les Charitains. Seul subsista l’église abbatiale, mélange unique des styles carolingien (nef), roman (clocher-porche, 1125) et gothique primitif (chœur, 1170). Ses peintures murales des XIe-XIIe siècles, ses bas-reliefs du XIIe siècle, et sa charpente en bois d’origine en font un joyau architectural. L’église devint paroissiale à la Révolution, remplaçant Notre-Dame d’Ébreuil.

Parmi les 50 abbés qui se succédèrent, certains marquèrent l’histoire : François de Tournon (1509-1526), cardinal et diplomate ; Jacques-François de Sade (1744-1778), oncle du marquis de Sade et érudit libertin ; et Philibert Nicolas Hemey d’Auberive (1780-Révolution), dernier abbé, qui fit construire le logis abbatial néoclassique en 1783. Ce palais, orné de stucs Louis XVI et d’une colonnade toscane en lave, est aujourd’hui protégé au titre des Monuments Historiques (inscription en 2010).

L’abbatiale Saint-Léger est la seule église carolingienne d’Auvergne et l’une des cinq de France à conserver sa charpente en bois. Ses particularités architecturales, comme l’usage du nombre d’or et des triangles égyptiens dans le clocher-porche, ont été étudiées par l’historien Georges Jousse. Les fouilles de 1767 révélèrent les tombes d’abbés, dont Gerbert et son neveu Guillaume (mort en 1090). Les reliques de saint Léger, toujours vénérées, attirent encore l’attention sur ce site emblématique du patrimoine religieux auvergnat.

Devenir actuel

Aujourd'hui, il ne reste plus rien de l'abbaye, à l'exception de l'église abbatiale de style carolingien, roman et gothique primitif. Elle est la seule église carolingienne d'Auvergne et fait partie des cinq églises carolingiennes de France ayant conservé leur charpente en bois.

Liens externes

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