Origine et histoire de l'Abbaye Saint-Martin d'Auchy
L'abbaye Saint-Martin d'Auchy, située à Aumale en Normandie, trouve ses origines à la fin du Xe siècle sous l'impulsion du comte Guérinfroy, qui fonde une collégiale dédiée à Saint-Martin. Transformée en prieuré, elle est érigée en abbaye en 1130 par l'archevêque Hugues d'Amiens, à la demande du comte Guillaume d'Aumale. Son histoire est marquée par des liens avec d'autres institutions religieuses, comme l'abbaye Saint-Michel du Tréport en 1220, et son rattachement à la congrégation de Saint-Maur en 1704, après des siècles de vicissitudes.
Au fil des siècles, l'abbaye subit de nombreuses transformations architecturales. Aujourd'hui, il en subsiste une tour ronde en brique du XVIe siècle, vestige de la maison abbatiale, ainsi qu'un bâtiment conventuel du XVIIIe siècle, construit par les mauristes. Ce dernier abrite des espaces comme la salle des hôtes, le réfectoire, et le dortoir. Les vestiges du cloître, de l'église abbatiale, des terrasses et d'une chapelle dédiée à Sainte-Clotilde rappellent l'étendue passée du monastère.
L'abbaye, vendue comme bien national pendant la Révolution, est partiellement détruite et tombe en ruine avant d'être rachetée en 2009 par Bernard Petit. Depuis 2010, ses vestiges sont protégés au titre des monuments historiques, avec une extension de cette protection en 2021. Ces mesures couvrent notamment les terrasses, les murs d'enceinte, et la tour du logis abbatial, préservant ainsi un patrimoine architectural et historique majeur de la Normandie.
La liste des abbés, qui s'étend du XIIe au XVIIIe siècle, reflète l'importance de l'abbaye dans la région. Parmi eux, des figures comme Foulque, premier abbé en 1130, ou Claude de Lorraine, abbé commendataire au XVIe siècle, illustrent les liens entre le monastère et les élites locales. L'abbaye joue un rôle central dans la vie religieuse et sociale de la région jusqu'à sa disparition à la Révolution.
Les sources historiques, comme les chartes ducale de 1096 ou les travaux des Bénédictins mauristes au XVIIIe siècle, documentent son évolution. Les fouilles et protections récentes permettent de mieux comprendre son organisation spatiale, notamment grâce aux vestiges des églises, du cloître et des bâtiments conventuels encore visibles aujourd'hui.