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Abbaye Saint-Martin de Sées dans l'Orne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye Saint-Martin de Sées

    Le Bourg
    61500 Sées
Propriété d'une société privée
Abbaye Saint-Martin de Sées
Abbaye Saint-Martin de Sées
Abbaye Saint-Martin de Sées
Crédit photo : Eponimm - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIe siècle
Fondation initiale
1050-1056
Reconstruction par Roger II de Montgommery
1061
Confirmation ducale
1185
Visite d'Henri II
1256
Visite de Saint Louis
1353
Destruction par les Anglais
1562
Pillage protestant
1636
Réforme de Saint-Maur
1704
Construction édifice moderne
1796
Vente comme bien national
1835
Installation du séminaire
1968
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du corps de bâtiment principal avec ses deux pavillons, du logis de l'abbé et de la porterie ; grand escalier intérieur du bâtiment principal (cage et rampe comprises) ; vestiges romans (baie et arcatures) situés à l'intérieur du bâtiment principal (cad. AB 121) : classement par arrêté du 5 juillet 1968 ; Ensemble du jardin (cad. AB 121 à 131) : inscription par arrêté du 5 juillet 1968

Personnages clés

Roger II de Montgommery - Fondateur et bienfaiteur Vicomte d'Hiémois, reconstructeur en 1050
Mabile de Bellême - Co-fondatrice Épouse de Roger, donatrice de terres
Raoul d'Escures - Abbé puis archevêque Devenu archevêque de Cantorbéry
Saint Louis - Roi de France Visite en 1256
Gabriel de Montgommery - Seigneur protestant Incendiaire de l'abbaye en 1562
François Richard-Lenoir - Industriel Transforme l'abbaye en manufacture

Origine et histoire

L'abbaye Saint-Martin de Sées, fondée au XIe siècle par Roger II de Montgommery et son épouse Mabile de Bellême, remplace un monastère épiscopal détruit par les invasions normandes. Elle est initialement liée à l'abbaye de Saint-Évroult, dont elle adopte les coutumes. La charte de fondation est confirmée en 1061 par Guillaume, duc de Normandie, et l'abbaye s'étend rapidement, acquérant des possessions en Angleterre et en Espagne sous l'impulsion de ses premiers abbés, comme Raoul d'Escures, futur archevêque de Cantorbéry.

Au XIIe siècle, l'abbaye connaît un essor intellectuel et matériel, accueillant des moines lettrés et transcrivant des manuscrits grecs et latins. Elle reçoit la visite du roi Henri II en 1185 et celle de Saint Louis en 1256. Cependant, elle subit des destructions lors de la guerre de Cent Ans, notamment par les Anglais en 1353, et la nef de son église est détruite. Jean Ier, duc d'Alençon, y est inhumé après sa mort à Azincourt en 1415.

Au XVIe siècle, l'abbaye adopte la réforme de Chezal-Benoît sous l'impulsion du cardinal Philippe de Luxembourg, puis celle de Saint-Maur en 1636. Les mauristes reconstruisent entièrement le monastère au XVIIIe siècle, inspirés par l'abbaye aux Hommes de Caen. Malgré sa richesse, l'abbaye décline au XVIIIe siècle en raison des commendes et du relâchement disciplinaire. À la Révolution, elle est vendue comme bien national et transformée en manufacture textile par François Richard-Lenoir, employant jusqu'à 889 ouvriers.

Au XIXe siècle, après la faillite de la manufacture, l'abbaye devient le grand séminaire du diocèse de Sées en 1835. Elle est classée monument historique en 1968 pour ses façades, toitures, et vestiges romans. Expulsés en 1907 en raison de la loi de séparation des Églises et de l'État, les séminaristes laissent place à un hôpital, puis à un institut de rééducation au XXe siècle. Aujourd'hui, après plusieurs changements de propriétaires, son avenir reste incertain.

L'abbaye abritait une bibliothèque médiévale exceptionnelle, dont une soixantaine de manuscrits ont été identifiés, dispersés entre Alençon, le Vatican, les États-Unis et la BnF. Parmi eux, une bible du XIe siècle, présentée au Concile de Trente, et des enluminures remarquables. Les mauristes, au XVIIe siècle, en firent un foyer intellectuel avec des moines érudits comme dom Tassin, auteur d'une Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur.

Architecturalement, l'abbaye mêle des vestiges romans (baie en plein cintre, arcatures) à des reconstructions mauristes du XVIIIe siècle, organisées autour d'un cloître voûté et d'un parc à la française. Son temporel était immense : elle possédait les dîmes de quarante paroisses, des fiefs nobles, et des prieurés en Angleterre et en Espagne, faisant d'elle l'une des abbayes les plus riches de Normandie.

Liens externes