Frise chronologique
887
Destruction par les Vikings
Destruction par les Vikings
887 (≈ 887)
Transfert des reliques intra-muros.
1135
Réforme par Bernard de Clairvaux
Réforme par Bernard de Clairvaux
1135 (≈ 1135)
Adoption règle saint Augustin.
1791
Inventaire des manuscrits
Inventaire des manuscrits
1791 (≈ 1791)
1 124 œuvres recensées par Bramant.
1830
Transformation en hospice
Transformation en hospice
1830 (≈ 1830)
Ancienne filature de coton.
1987-1989
Classement monument historique
Classement monument historique
1987-1989 (≈ 1988)
Protection cloître et chapelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de l'Enfant Jésus (cad. AX 85) : inscription par arrêté du 13 octobre 1987 ; Galeries du cloître, y compris la travée voûtée située à l'extrémité Nord Ouest du cloître ; ensemble des façades extérieures et des toitures des ailes Sud, Est et Nord du cloître ; escalier en bois du 17s ; grand portail d'entrée ; sol de l'ancienne église abbatiale (cad. AX 85) : classement par arrêté du 16 octobre 1989
Personnages clés
| Saint Loup (Lupus) - Évêque de Troyes (Ve siècle) |
Reliques fondatrices de l’abbaye. |
| Bernard de Clairvaux - Réformateur monastique |
Introduit la règle augustinienne (1135). |
| Abbé Thévignon - Reconstructeur des bâtiments |
Travaux claustraux (XVIIe-XVIIIe). |
| Citoyen Bramant - Archiviste révolutionnaire |
Inventaire des manuscrits (1791). |
| M. Jacminot - Acquéreur post-Révolution |
Transforme l’abbaye en filature. |
Origine et histoire
L’abbaye Saint-Martin-ès-Aires de Troyes fut fondée au IXe siècle pour abriter les reliques de saint Loup, évêque de Troyes et défenseur légendaire de la ville contre Attila. Initialement construite hors des murs sous la forme d’un oratoire dédié à Notre-Dame, elle devint un lieu de pèlerinage après les miracles attribués à saint Loup. Détruit par les Vikings en 887, l’oratoire fut reconstruit à l’intérieur des remparts, et la communauté monastique adopta la règle de saint Augustin en 1135 sous l’impulsion de Bernard de Clairvaux, prenant alors le nom de Saint-Martin en hommage à Martin de Tours.
Au XVIIe siècle, l’abbé Thévignon entreprit une reconstruction majeure des bâtiments claustraux, initialement en bois, avec des travaux s’achevant en 1759. L’abbaye, saisie comme bien national lors de la Révolution, fut vendue en deux lots : l’un incluant la maison abbatiale, rachetée par les Dames du Sacré-Cœur, l’autre transformé en filature de coton puis en hospice pour enfants vers 1830. Son patrimoine écrit, incluant 1 124 manuscrits inventoriés en 1791, se réduit aujourd’hui à quelques œuvres comme l’Ordo Processionum ou les Psaumes de David expliqués.
L’abbatiale, longue de 42,5 mètres et dotée de deux clochers, fut partiellement démantelée (dalles funéraires transférées à Villemaur, jubé détruit en 1760). Classée monument historique en 1987 et 1989, elle abrite désormais l’Institut universitaire des métiers et du patrimoine (IUMP) et l’École Supérieure de Design de Troyes, dans des bâtiments datant des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. La chapelle de l’Enfant Jésus, ajoutée au 3e quart du XIXe siècle, complète cet ensemble architectural marqué par des réaffectations successives.
Les éléments protégés incluent les galeries du cloître (XVIIe-XVIIIe siècles), l’escalier en bois du XVIIe siècle, le grand portail d’entrée, et le sol de l’ancienne église abbatiale. Propriété de la commune de Troyes, le site illustre la transition entre héritage religieux, révolution industrielle (filature) et vocation éducative contemporaine.