Frise chronologique
972
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
972 (≈ 972)
Donation par l’évêque Frotaire aux Bénédictins.
1079
Rattachement à la Chaise-Dieu
Rattachement à la Chaise-Dieu
1079 (≈ 1079)
Changement d’obédience monastique avec un manuscrit grégorien.
1273
Reconstruction partielle
Reconstruction partielle
1273 (≈ 1273)
Financée par le commerce du vin après la croisade.
1534
Sécularisation
Sécularisation
1534 (≈ 1534)
Remplacement des moines par des chanoines.
1562-1572
Guerres de Religion
Guerres de Religion
1562-1572 (≈ 1567)
Saccage et massacre de protestants en 1572.
1789
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1789 (≈ 1789)
Fin de l’ère ecclésiastique pendant la Révolution.
1840
Classement de l’église
Classement de l’église
1840 (≈ 1840)
Protection monument historique pour l’église Saint-Michel.
1994
Inscription des vestiges
Inscription des vestiges
1994 (≈ 1994)
Protection des bâtiments abbatiaux restants.
1997
Restauration et musée
Restauration et musée
1997 (≈ 1997)
Ouverture du musée de l’abbaye et de la vigne.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Anciens bâtiments abbatiaux avec leurs murs de soutènement sur le Tarn, y compris l'hôtel de Paulo (actuel presbytère, 42 place Maurice-et-Eugénie-de-Guérin) (cad. BY 1 à 3, 5 à 7) : inscription par arrêté du 3 février 1994
Personnages clés
| Frotaire - Évêque d’Albi (Xe siècle) |
Fonda l’abbaye en 972 et lui donna des terres. |
| Robert Ier - Premier abbé connu |
Témoin de la consécration de l’autel en 972. |
| Raymond d’Apremont de Roquecorne - Abbé jusqu’en 1318 |
Devenu évêque de Sarlat par nomination papale. |
| Claude de Moulnoury - Abbé reconstructeur (XVIIe siècle) |
Rebâtit le logement abbatial entre 1636 et 1668. |
| Jean-Bernard de Coriolis - Dernier abbé notable |
Chanoine d’Aix, mort en 1752. |
| Louis Cabanes - Peintre (XXe siècle) |
Auteur des fresques du musée en 1940. |
Origine et histoire
L’abbaye Saint-Michel de Gaillac est fondée en 972 par l’évêque d’Albi, Frotaire, qui confie un domaine aux Bénédictins sur les rives du Tarn, où une villa gallo-romaine existait auparavant. Les moines y développent des cultures vivrières et surtout la vigne, héritée des Romains, permettant un essor économique grâce au commerce du vin via un port fluvial. L’abbaye, d’abord liée à Moissac puis à la Chaise-Dieu (1079), prospère malgré la croisade des Albigeois, avant d’être sécularisée en 1534.
Les guerres de Religion (1562-1572) marquent un tournant violent : l’abbaye est saccagée, ses archives brûlées, et des protestants y sont massacrés. Après cette période, une reconstruction entre 1570 et 1620 redonne à l’abbaye son lustre, grâce au commerce du vin et du pastel. La Révolution française met fin à son usage religieux en 1789, lorsque ses biens sont vendus comme biens nationaux.
Au XXe siècle, les bâtiments abbatiaux deviennent une cave coopérative (1903-1940), avant d’être restaurés en 1997 pour accueillir le musée de l’abbaye et de la vigne, ainsi qu’un caveau de dégustation. L’église Saint-Michel, classée monument historique dès 1840, reste un lieu de culte, tandis que les vestiges de l’abbaye ne sont protégés qu’en 1994. Le site témoigne aujourd’hui de l’histoire monastique, viticole et architecturale de la région.
Parmi les abbés marquants, Robert Ier (972) assiste à la consécration de l’autel par Frotaire, tandis que Raymond d’Apremont devient évêque de Sarlat en 1318. Jean-Bernard de Coriolis (1681-1752), chanoine d’Aix, clôt la liste des abbés avant la sécularisation. Les clés de voûte de la nef, datées de 1703, rappellent les restaurations tardives.
L’abbaye illustre aussi les destructions des guerres de Religion, avec un épisode tragique en 1572 où des protestants sont défenestrés depuis ses murs. Malgré ces violences, le site renaît grâce à des abbés bâtisseurs comme Claude de Moulnoury (1636-1668), qui reconstruit le logement abbatial. Les fresques de Louis Cabanes (1940), aujourd’hui au musée, célèbrent le vignoble local.