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Abbaye Saint-Pierre de Brantôme en Dordogne

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Dordogne

Abbaye Saint-Pierre de Brantôme

    16-22 Boulevard Charlemagne
    24310 Brantôme

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
800
900
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
769
Fondation par Charlemagne
848 et 857
Destructions vikings
1404
Fortification par les Anglais
1558–1614
Abbatiat de Pierre de Bourdeille
1768
Déclin monastique
1840
Premier classement Monument historique
2025
Réouverture prévue
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Charlemagne - Fondateur et protecteur A fondé l’abbaye en 769 et y déposa des reliques.
Bernard, comte de Périgord - Bienfaiteur du Xe siècle Restaura l’abbaye après les destructions vikings.
Pierre de Bourdeille (abbé de Brantôme) - Abbé commendataire (1558–1614) Protégea l’abbaye pendant les guerres de Religion.
Paul Abadie - Architecte du XIXᵉ siècle Rénova l’abbatiale et modifia le cloître en 1858.
Eugène Viollet-le-Duc - Influence architecturale Collabora indirectement via Abadie sur le chantier.

Origine et histoire

L’abbaye Saint-Pierre de Brantôme, située dans la commune éponyme en Dordogne (Nouvelle-Aquitaine), fut fondée en 769 par Charlemagne comme monastère bénédictin. Selon la tradition, l’empereur y déposa les reliques de saint Sicaire, un enfant martyr, illustrées par deux panneaux du XVIIe siècle dans le chœur de l’église. Ce premier monastère, détruit par les Vikings en 848 et 857, fut reconstruit vers l’an 900 grâce à Bernard, comte de Périgord, marquant le début d’une période de prospérité.

Au XIe siècle, l’abbaye adopte un clocher campanile roman, unique en France par sa construction sur un surplomb rocheux de 12 mètres. Les grottes troglodytiques, creusées dans la falaise calcaire, abritaient des espaces monastiques (chauffoir, moulin, pigeonnier) et une fontaine dédiée à saint Sicaire, toujours vénérée. La guerre de Cent Ans (XIVe–XVe siècles) causa d’importants dommages : l’abbaye fut fortifiée par les Anglais en 1404, puis restaurée après 1465, avec la reconstruction du cloître (XIVe siècle) et de l’église.

La Renaissance marqua un tournant avec des abbés commendataires, dont Pierre de Bourdeille (1558–1614), connu sous le nom de Brantôme, dont l’abbatiat protégea le monastère pendant les guerres de Religion. Les réformes successives (congrégation de Chezal-Benoît en 1559, puis de Saint-Maur en 1636) relancèrent la vie monastique, malgré un déclin progressif : en 1768, seuls huit moines y vivaient. L’abbaye fut supprimée à la Révolution, mais ses bâtiments — église abbatiale (XIe–XIIIe siècles), cloître (XIVe), et logis conventuels (XVIIIe) — subsistent aujourd’hui.

L’architecture de Brantôme mêle roman (clocher, nef) et gothique (voûtes du XVe siècle), avec des aménagements Renaissance comme le pavillon du Corps de garde (1495). Les grottes, dont la Grotte du Jugement dernier ornée de bas-reliefs des XVe et XVIIe siècles, témoignent de la spiritualité monastique. Classée Monument historique dès 1840, l’abbaye abrite aujourd’hui l’hôtel de ville, deux musées, et un restaurant installé dans l’ancien moulin. Fermée en 2023 pour sécurisation, sa réouverture est prévue en 2025.

Les protections au titre des monuments historiques couvrent l’église (1840), le cloître (1957), les grottes, et les jardins (inscrits en 2025). Les remaniements du XIXe siècle, comme la suppression de trois galeries du cloître par Paul Abadie (1858), ou l’escalier de Vauban (XVIIe siècle), reflètent son évolution. Le site, entouré par la Dronne, reste un exemple unique d’abbaye troglodytique, liée à l’histoire bénédictine et à la route de Compostelle.

Liens externes