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Frise chronologique
654
Première mention de Marcilhac
Première mention de Marcilhac
654 (≈ 654)
Testament de saint Didier, évêque de Cahors.
845-848
Protection royale
Protection royale
845-848 (≈ 847)
Pépin d’Aquitaine protège la *cella* bénédictine.
XIe siècle
Construction du chevet roman
Construction du chevet roman
XIe siècle (≈ 1150)
Plan similaire à l’abbaye de Conques.
1193
Perte de Rocamadour
Perte de Rocamadour
1193 (≈ 1193)
Fin du procès contre l’abbaye de Tulle.
1389
Ruines après la guerre de Cent Ans
Ruines après la guerre de Cent Ans
1389 (≈ 1389)
Abandon et dévastation des bâtiments.
XVe-XVIe siècles
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
XVe-XVIe siècles (≈ 1650)
Travaux menés par les Hébrard de Saint-Sulpice.
1750
Sécularisation
Sécularisation
1750 (≈ 1750)
L’abbaye devient église paroissiale.
1906
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1906 (≈ 1906)
Protection de l’abbatiale et des ruines.
2015
Campagne de mécénat pour un orgue
Campagne de mécénat pour un orgue
2015 (≈ 2015)
Appel aux dons et saut en parachute.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église ; les ruines des cloîtres contigüs à l'église et les ruines attenant aux cloîtres : classement par arrêté du 20 novembre 1906 - Les immeubles aux abords de l'église (cad. E 424, 425) : classement par arrêté du 31 mai 1939 - La porte sud de l'enceinte, c'est-à-dire les deux maisons anciennes, le mur auquel ces maisons sont adossées et la partie dont ce mur est percé (cad. E 414, 444) : inscription par arrêté du 13 janvier 1965
Personnages clés
| Saint Didier - Évêque de Cahors (VIIe siècle) |
Premier donateur mentionné en 654. |
| Pépin d’Aquitaine - Roi d’Aquitaine (IXe siècle) |
Protège la *cella* bénédictine vers 845-848. |
| Géraud - Abbé de Marcilhac (XIIe siècle) |
Signataire de l’accord sur Rocamadour (1193). |
| Raymond et Guillaume d’Hébrard - Abbés (XVe-XVIe siècles) |
Reconstructeurs de l’abbaye en style gothique. |
| Jeanne d’Hébrard - Bienfaitrice (XVe siècle) |
Demande à être enterrée dans la chapelle. |
| Guillaume Soury-Lavergne - Abbé contemporain (XXIe siècle) |
Lance des campagnes de restauration innovantes. |
Origine et histoire
L’abbaye Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé, située dans le Lot en Occitanie, trouve ses origines au VIIe siècle avec une mention dans le testament de saint Didier, évêque de Cahors. Une cella bénédictine y est établie au IXe siècle par des moines fuyant les Normands, sous la protection du roi Pépin d’Aquitaine. L’abbaye devient indépendante au Xe siècle et bénéficie de dons de nobles locaux comme Adhémar des Échelles et Raymond II de Rouergue.
Les fouilles des années 1968-1969 révèlent un chevet roman du XIe siècle, similaire à celui de Conques, tandis que les chapiteaux et le portail sud datent du XIIe. L’abbaye, puissante, possède plus de cent fiefs, dont l’église de Rocamadour, perdue en 1193 après un long procès. La guerre de Cent Ans (XIVe siècle) la ruine : en 1389, les lieux sont dévastés et déserts. Les Hébrard de Saint-Sulpice la relèvent aux XVe-XVIe siècles, reconstruisant partiellement l’église en style gothique.
Les guerres de Religion aggravent les dégâts : l’église et le cloître sont incendiés au XVIe siècle. Malgré des réparations au XVIIe, l’abbaye est sécularisée en 1750 et vendue comme bien national à la Révolution. Classée monument historique en 1906, elle connaît un renouveau au XXe siècle avec des restaurations (retable en 2010) et des campagnes de mécénat innovantes, comme l’appel aux dons pour un orgue en 2015.
L’architecture allie une nef romane à ciel ouvert, des chapiteaux historiés (XIIe), et une partie gothique (XVe) avec chevet pentagonal et fresques. Le clocher fortifié (XIVe), les murailles crénelées, et une maison à colombages où Henri IV aurait séjourné (1580) complètent l’ensemble. Les ruines du cloître et l’enceinte médiévale, percée d’une porte du XIIIe-XIVe siècle, témoignent de son passé défensif.
Aujourd’hui, l’abbaye reste un lieu de culte paroissial et un site patrimonial actif. La région Occitanie a alloué 3 à 4 millions d’euros pour sa restauration, supervisée par les Monuments Historiques. Des initiatives originales, comme le parachutisme de l’abbé en 2015 pour lever des fonds, illustrent son dynamisme contemporain.