Frise chronologique
632 ou 638
Fondation par saint Éloi
Fondation par saint Éloi
632 ou 638 (≈ 638)
Cession par Dagobert Ier pour un monastère.
883
Protection pontificale
Protection pontificale
883 (≈ 883)
Charte du pape Martin II.
1178
Incendie de l'abbatiale
Incendie de l'abbatiale
1178 (≈ 1178)
Reconstruction partielle du chœur.
1211
Consécration probable
Consécration probable
1211 (≈ 1211)
Date discutée pour l'église actuelle.
1862
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1862 (≈ 1862)
Protection de l'abbatiale.
2021
Retour des bénédictins
Retour des bénédictins
2021 (≈ 2021)
Installation du prieuré Saint-Joseph.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Saint Éloi - Fondateur et évêque de Noyon |
Obtint Solignac de Dagobert Ier. |
| Saint Remacle - Premier abbé |
Moine de Luxeuil, futur évêque. |
| Dagobert Ier - Roi des Francs |
Donateur du domaine de Solignac. |
| Saint Theau (Thillo) - Disciple de saint Éloi |
Ermite, enterré dans l’abbaye. |
| Martial Bony de Lavergne - Abbé du XVe siècle |
Restaura vitraux et stalles. |
| Pape Martin II - Protecteur pontifical |
Confirma les biens en 883. |
Origine et histoire
L’abbaye de Solignac, fondée au VIIe siècle (vers 632 ou 638) par saint Éloi, évêque de Noyon, est l’un des plus anciens monastères bénédictins de France. Installée sur l’emplacement d’une villa gallo-romaine nommée Solemnius, elle fut cédée par le roi Dagobert Ier pour y établir une communauté religieuse sous la règle mixte de saint Benoît et saint Colomban. Le premier abbé, saint Remacle, y introduisit des moines de l’abbaye de Luxeuil, faisant de Solignac un foyer d’artisanat (orfèvrerie) et de spiritualité.
Au XIIe siècle, l’abbaye connut un essor architectural majeur avec la construction de l’abbatiale romane à file de coupoles, unique en Limousin. Malgré des destructions partielles (incendie de 1178, pillages vikings au IXe siècle), elle fut restaurée et enrichie, devenant une étape sur la via Lemovicensis vers Compostelle. Les papes Eugène III et Adrien IV confirmèrent ses privilèges au XIIe siècle, tandis que l’empereur Frédéric Barberousse la recommanda en 1157.
Après des siècles de troubles (guerres de Religion, Révolution française), l’abbaye fut désaffectée et transformée en prison, pensionnat, puis fabrique de porcelaine. En 1946, les Oblats de Marie en firent un séminaire, avant que le diocèse de Limoges n’en devienne propriétaire en 2011. Depuis 2021, des moines bénédictins de l’abbaye Saint-Joseph de Clairval y ont rétabli une vie monastique, relançant ainsi 1 150 ans de tradition bénédictine.
L’abbatiale, classée Monument Historique en 1862, mêle éléments romans (nef, coupoles) et gothiques (tour-porche du XIIIe siècle). Son cloître et ses bâtiments conventuels, reconstruits aux XVIIe et XVIIIe siècles, encadrent un quadrilatère centré sur l’église. Parmi ses trésors, on note une crypte attribuée à saint Theau (disciple de saint Éloi), des stalles du XVIe siècle, et des vitraux offerts par l’abbé Martial Bony de Lavergne (XVe siècle).
L’abbaye est aussi liée à des légendes, comme celle du rocher Saint-Éloi, d’où le fondateur aurait lancé son marteau pour déterminer l’emplacement du monastère. Son sceau médiéval, représentant Dagobert et saint Éloi, témoigne de son statut royal. Aujourd’hui, les moines y brassent même une bière artisanale (Monastic), perpétuant une tradition de savoir-faire local.