Frise chronologique
avant 572
Fondation par saint Yrieix
Fondation par saint Yrieix
avant 572 (≈ 572)
Testament mentionnant l’abbaye en 572.
1124
Achèvement du chœur et transept
Achèvement du chœur et transept
1124 (≈ 1124)
Partie romane encore visible aujourd’hui.
1082-1230
Dépendance à Saint-Martial de Limoges
Dépendance à Saint-Martial de Limoges
1082-1230 (≈ 1156)
Période de rattachement monastique.
12 juillet 1886
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
12 juillet 1886 (≈ 1886)
Protection de l’église abbatiale.
1943-1944
Rôle de Marie-Rose Bouchemousse
Rôle de Marie-Rose Bouchemousse
1943-1944 (≈ 1944)
Première femme maire, négociation avec les Allemands.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 12 juillet 1886
Personnages clés
| Saint Yrieix (Arède d’Atane) - Fondateur de l’abbaye |
Cité dans son testament de 572. |
| Geoffroy du Breuil - Chroniqueur et prieur (XIIe siècle) |
Chanoine de Saint-Martial de Limoges. |
| Archambault de Comborn - Seigneur local (XIe siècle) |
Incendia puis rebâtit l’abbaye par remords. |
| Marie-Rose Bouchemousse - Première femme maire de France (1943) |
Négocia avec les Allemands en 1944. |
Origine et histoire
L’abbaye Saint-Pierre de Vigeois trouve ses origines au VIe siècle, fondée par saint Yrieix (Arède d’Atane) avant 572, comme en témoigne son testament. Détruite lors des invasions vikings au IXe siècle, elle fut relevée avant de devenir une abbaye bénédictine. Au XIe siècle, elle fut placée sous la dépendance de Solignac (vers 1030), puis de Saint-Martial de Limoges (1082-1230). Son église, construite aux XIe-XIIe siècles, présente un chœur et un transept achevés en 1124, avec des chapiteaux et modillons sculptés remarquables.
L’abbaye connut de multiples destructions : incendie vers 1070, saccages pendant la guerre de Cent Ans (reconstruction ordonnée en 1489), incendie de la nef par les protestants en 1590, et un nouvel incendie en 1705. En 1635, elle rejoignit la Congrégation des Exempts de Guyenne, avant d’être unie au séminaire de Limoges en 1745. La Révolution française entraîna sa suppression en 1790, la dispersion des moines, et la démolition partielle des bâtiments monastiques pour servir de carrière de pierres.
L’église abbatiale, classée Monument Historique en 1886, est un joyau roman du Bas-Limousin. Sa nef, reconstruite en 1866, contraste avec le chœur du XIIe siècle. Les bâtiments conventuels restants, transformés en habitations, abritèrent notamment la maison de l’abbé, où naquit Marie-Rose Bouchemousse (1889-1966), première femme maire de France en 1943. Son rôle fut décisif lors de l’occupation allemande en 1944, sauvant le village par sa négociation avec les officiers.
Aujourd’hui église paroissiale, le site conserve des éléments architecturaux majeurs : tourelles d’accès aux combles, clocher orné de statues de saint Pierre et saint Paul, et une porte polylobée. Les restaurations (chœur en 1908) et les œuvres d’art (tableaux de Haquette et Jacquand) témoignent de son riche passé. Les archives, comme le Cartulaire de Vigeois (954-1167), documentent son histoire médiévale.
Les sources historiques soulignent son importance régionale, citée par des auteurs comme Jean Maury (Limousin roman) ou Dom Berland. Son architecture et son histoire en font un monument clé de la Corrèze, lié à des figures comme Geoffroy du Breuil (chroniqueur du XIIe siècle) ou Archambault de Comborn, qui l’incendia vers 1050 avant de la rebâtir par remords.