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Abbaye Saint-Sauveur de Redon en Ille-et-Vilaine

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye Saint-Sauveur de Redon

  • 16 place Saint-Sauveur
  • 35600 Redon
Abbaye Saint-Sauveur de Redon
Abbaye Saint-Sauveur de Redon
Abbaye Saint-Sauveur de Redon
Abbaye Saint-Sauveur de Redon
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Abbaye Saint-Sauveur de Redon
Abbaye Saint-Sauveur de Redon
Crédit photo : Sémhur - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une association
35600 Redon, 16 place Saint-Sauveur

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
800
900
1900
2000
832
Fondation par Conwoïon
834
Reconnaissance par Nominoë
848
Reliques de saint Marcellin
868
Mort de Conwoïon
1990
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures des bâtiments mauristes entourant le cloître ; galeries du cloître ; deuxième galerie Est ; salle de l'ancienne sacristie, dite chapelle de la Congrégation (cad. AM 11) : classement par arrêté du 9 octobre 1990

Personnages clés

Conwoïon - Fondateur et premier abbé Archidiacre de Vannes, créa l’abbaye en 832.
Nominoë - Chef breton, protecteur Autorisa la cession des terres en 834.
Gerfroi - Moine bénédictin Instaurateur de la règle de Saint-Benoît.
Richelieu - Abbé commendataire (1622) Lança la reconstruction des bâtiments.
Dom Denys Plouvier - Architecte mauriste Dirigea les travaux du XVIIᵉ siècle.
Louis le Pieux - Empereur carolingien Opposé initialement à la fondation.

Origine et histoire de l'Abbaye Saint-Sauveur

L’abbaye Saint-Sauveur de Redon fut fondée en 832 par Conwoïon, un archidiacre de Vannes, avec cinq compagnons, dont Gerfroi et Fivetein. Soutenue par Nominoë, chef breton, et malgré l’opposition initiale de l’empereur Louis le Pieux, elle obtint en 834 une charte de concession pour ses terres. Les Gesta sanctorum Rotonensium (fin IXe siècle) décrivent sa fondation, ses miracles, et son rôle comme lieu de pèlerinage grâce aux reliques, dont celles du pape saint Marcellin rapportées de Rome en 848. L’abbaye adopta la règle bénédictine sous l’influence de Gerfroi, moine formé à Saint-Maur-sur-Loire.

Au XIe et XIIe siècles, l’abbaye connut son apogée, contrôlant 27 prieurés et 12 paroisses en Bretagne. Elle bénéficia de la réforme grégorienne (bulle du pape Grégoire VII en 1073–1084) et d’une confirmation de ses possessions par Eugène III en 1147. L’abbatiale fut reconstruite, avec une nef romane et une tour de croisée emblématique. Les dons des machtierns (seigneurs locaux) et des nobles, comme Draolius en 1050, financèrent son expansion. Menacée par les raids vikings (années 860), la communauté se réfugia temporairement à Maxent, où Conwoïon mourut en 868.

À partir du XIIIe siècle, l’abbaye déclina face à la montée du pouvoir ducal. Le chevet roman fut remplacé par un chevet gothique (XIIIe siècle), et un clocher fut ajouté au XIVe siècle. En 1461, Louis XI lui octroya 600 écus pour étendre son influence. Au XVIIe siècle, Richelieu, abbé commendataire, lança une reconstruction totale des bâtiments conventuels par l’architecte Dom Denys Plouvier, intégrant l’abbaye à la congrégation de Saint-Maur. Un incendie en 1780 endommagea la nef, raccourcie par la suite. Transformée en collège en 1804, puis en lycée par les Eudistes en 1839, elle conserve aujourd’hui son cloître du XVIIe siècle, ses fresques médiévales et des vitraux contemporains.

Le cloître, orné des armes de France, de Bretagne et de la congrégation de Saint-Maur, fut rénové entre 2009 et 2016. L’abbatiale mélange styles roman (tour de croisée) et gothique (chevet), tandis que des sceaux et un cartulaire du IXe au XIIe siècle, conservés aux Archives de Rennes, témoignent de son rayonnement. Classée Monument Historique dès 1862 (église) et 1990 (bâtiments conventuels), l’abbaye illustre les liens entre pouvoir religieux, politique bretonne et architecture monastique.

Les Gesta sanctorum Rotonensium et la Vita Conuuoionis (XIe siècle) restent les sources majeures sur ses origines. L’auteur des Gesta, peut-être Ratvili (évêque d’Aleth), y décrit une communauté pieuse, dédiée aux pauvres et aux pèlerins. L’abbaye symbolise aussi les tensions entre Francs et Bretons, Nominoë y jouant un rôle clé pour affranchir le monastère de l’autorité carolingienne. Son cartulaire (391 actes) et ses terriers révèlent une gestion rigoureuse de ses vastes domaines, incluant des prieurés comme Notre-Dame de la Chaume (1055).

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours