Origine et histoire de l'Abbaye Saint-Vincent
L'abbaye Saint-Vincent de Laon, fondée vers 580 comme abbaye colombanienne, adopte la règle bénédictine en 948. Située dans l’actuel département de l’Aisne, elle est un lieu religieux majeur du Laonnois. En 882, les Vikings la pillent et la détruisent, décimant ses moines. L’évêque Adalbéron de Laon y est inhumé en 1030 ou 1031, soulignant son importance épiscopale.
Au XIIe siècle, l’abbaye est reconstruite : cloître, réfectoire, et église abbatiale voûtée d’ogives. En 1145, un incendie ravage l’église, rebâtie sous l’abbé Hugues (1175–1205). Au XIIIe siècle, une peinture murale découvre les tombes des chevaliers d’Eppes, dont Jehan (1273) et Jehan le cadet (1293). Pendant la Guerre de Cent Ans (1359), les Anglais d’Édouard III incendient l’abbaye, détruisant sa bibliothèque.
Au XVIIe siècle, la réforme de Saint-Maur relance sa restauration. Geoffroy de Billy (1601–1612), abbé commendataire, supervise des travaux majeurs. Les mauristes, arrivés en 1640, rebâtissent les bâtiments conventuels en 1771, mais la Révolution entraîne la vente de l’abbaye comme bien national en 1797. Seuls subsistent alors le logis abbatial et l’enceinte.
Au XIXe siècle, l’armée transforme le site en arsenal (1876), ajoutant hangars en brique et poudrière. En 1926–1927, le logis abbatial, les vestiges de l’église, et les celliers sont classés monuments historiques, suivis par le grand étang et les sols archéologiques en 1999. Un incendie criminel en 2008 détruit toitures et planchers.
En 2019, la ville de Laon rachète l’abbaye pour 260 000 €, projetant d’y installer un hôtel haut de gamme. Ce site, marqué par 1 400 ans d’histoire, illustre les transitions entre pouvoir religieux, militaire et patrimonial dans les Hauts-de-France.