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Abbaye Sainte-Marie de Gourdon à Léobard dans le Lot

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Lot

Abbaye Sainte-Marie de Gourdon

    D673
    46300 Léobard
Propriété privée ; propriété de la commune
Abbaye Sainte-Marie de Gourdon
Abbaye Sainte-Marie de Gourdon
Abbaye Sainte-Marie de Gourdon
Abbaye Sainte-Marie de Gourdon
Abbaye Sainte-Marie de Gourdon
Abbaye Sainte-Marie de Gourdon
Abbaye Sainte-Marie de Gourdon
Abbaye Sainte-Marie de Gourdon
Abbaye Sainte-Marie de Gourdon
Abbaye Sainte-Marie de Gourdon
Abbaye Sainte-Marie de Gourdon
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1242
Fondation de l'abbaye
1267-1268
Crise financière
1367-1392
Pillages anglais
1405
Réoccupation attestée
1650
Départ des religieux
1790
Vente comme bien national
1995
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Abbaye Nouvelle : vestiges constitués par les restes de l'église, les ruines des bâtiments conventuels ainsi que le sol et le sous-sol des parcelles (cad. C 354, 355) : classement par arrêté du 14 mai 1991

Personnages clés

Guillaume de Gourdon - Coseigneur de Gourdon Fonda l'abbaye en 1242 pour éviter un procès.
Alphonse de Poitiers - Frère du roi Louis IX Fit don de pâturages en 1267.
Bernard de Maranzac - Abbé au XVe siècle Mena une politique de refondation vers 1453.
Alain de Solminihac - Évêque de Cahors Transforma l'abbatiale en église paroissiale en 1658.
Jean de Ventadour - Abbé au XVIe siècle Ordonné de réparer l'abbaye en 1502.

Origine et histoire

L’abbaye Sainte-Marie de Gourdon, aussi appelée abbaye de Léobard ou abbaye nouvelle, est une ancienne abbaye cistercienne fondée au XIIIe siècle par les moines de l’abbaye d’Aubazine. Elle se distingue par son implantation atypique sur un piton rocheux, le Pech-Gisbert, dominant la vallée du Céou, contrairement aux autres abbayes cisterciennes souvent situées dans des vallées. Sa fondation en 1242 est liée à Guillaume de Gourdon, coseigneur de Gourdon, qui offrit le terrain aux moines pour éviter un procès en catharisme. Le nom « de Gourdon » rappelle ce don seigneurial.

L’abbaye est dite « nouvelle » car une première tentative d’implantation cistercienne dans la région, vers 1150 à Lavercantière, avait échoué avant d’être relocalisée à La Garde-Dieu. Sa construction entre 1260 et 1280 coïncide avec une période de prospérité économique et la montée de l’hérésie albigeoise dans le Quercy. Dès 1267, Alphonse de Poitiers lui accorde des pâturages, mais des difficultés financières apparaissent, menant à des saisies de biens en 1267-1268. Malgré ces aléas, l’abbaye obtient des privilèges confirmés par le pape Grégoire X en 1273 et étend ses droits juridiques en 1287.

La guerre de Cent Ans marque un tournant tragique : l’abbaye est pillée à répétition par les Anglais et les grandes compagnies entre 1367 et 1392, devenant inhabitable vers 1387. Une tentative de réoccupation au début du XVe siècle est attestée par le paiement d’une décime au Vatican en 1405. L’abbé Bernard de Maranzac mène une politique de refondation dans les années 1450, consolidant l’église et renouvelant les baux. Pourtant, en 1502, une bulle papale ordonne des réparations majeures (cloître, réfectoire, dortoir) et l’ajout de six moines, révélant un état de délabrement avancé.

Les guerres de Religion aggravent les dégâts : l’abbaye est pillée en 1552 par les protestants. Au XVIIe siècle, les derniers religieux quittent les lieux en 1650, et l’abbatiale devient église paroissiale en 1658 sous l’impulsion de l’évêque Alain de Solminihac. Des modifications sont apportées entre 1658 et 1669, comme une rampe d’accès et une porte classique. En 1777, seuls l’église et deux chambres habitables subsistent ; les autres bâtiments sont en ruines, envahis par la végétation.

La Révolution française accélère son déclin : vendue comme bien national en 1790, l’abbaye est partiellement restaurée en 1811 et 1835, mais sert aussi de carrière de pierres au XIXe siècle. En 1938, une porcherie est construite dans l’ancien bâtiment des moines, et en 1954, la façade des convers est dynamitée pour réutiliser les pierres. Classée Monument Historique en 1995, elle conserve des vestiges de son église, de ses bâtiments conventuels et de son cloître transformé en potager. Des fouilles archéologiques en 1989 ont permis d’établir un plan d’ensemble.

Architecturalement, l’abbaye repose sur un rocher calcaire artificiellement élargi. Son église, de 35,44 m de long, présente une nef unique voûtée d’arêtes, orientée à 30° vers le sud. Les voûtes, en calcaire tendre, culminent entre 4,20 m et 5,46 m. Les fenêtres étroites et hautes, typiques du XIVe siècle, éclairent la nef. Malgré les destructions, l’église reste le témoin le plus intact de ce patrimoine cistercien atypique.

Liens externes