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Abbaye Sainte-Marie de Rieunette à Ladern-sur-Lauquet dans l'Aude

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Eglise romane
Aude

Abbaye Sainte-Marie de Rieunette

    Bois de Rieunette
    11250 Ladern-sur-Lauquet
Propriété de l'Etat
Abbaye Sainte-Marie de Rieunette
Abbaye Sainte-Marie de Rieunette
Abbaye Sainte-Marie de Rieunette
Abbaye Sainte-Marie de Rieunette
Abbaye Sainte-Marie de Rieunette
Crédit photo : Cédès - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1162
Première mention écrite
fin XIIe siècle
Statut d'abbaye cistercienne
1432
Protection des abbés de Villelongue
1568
Incendie pendant les guerres de religion
1648
Tentative de restauration par Cécile de Noé
1671
Assassinat de l'abbesse de Levis
1761
Transfert des religieuses à Lombez
11 décembre 1925
Inscription des vestiges
29 août 1950
Classement de l’abbatiale
1998
Renaissance monastique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Restes de l'abbaye ; ailes Nord et Est du cloître : inscription par arrêté du 11 décembre 1925 ; Eglise de l'ancienne abbaye : classement par arrêté du 29 août 1950

Personnages clés

Reine de Castillon - Fondatrice présumée Veuve retirée à Rieunette en 1162
Cécile de Noé - Abbesse restauratrice Tente de reconstruire l’abbaye en 1648
Abbesse de Levis - Dernière abbesse résidente Assassinée en 1671, marquant la fin
Marc-Antoine du Ferrier - Seigneur du Villar Auteur du meurtre de l’abbesse
Monseigneur Bazin de Bezons - Évêque de Carcassonne Décrète la suppression en 1761

Origine et histoire

L'abbaye Sainte-Marie de Rieunette est une abbaye cistercienne fondée au XIIe siècle sur la commune de Ladern-sur-Lauquet, dans l'Aude. Mentionnée pour la première fois en 1162 lors d’un acte de donation à Reine de Castillon, veuve s’y retirant avec des compagnes, elle devient rapidement une abbaye affiliée à l’ordre cistercien. Placée sous la protection des abbés de Villelongue en 1432, elle connaît alors une période de prospérité avec près de quarante moniales.

Au XVIe siècle, les guerres de religion marquent un tournant tragique : l’abbaye est pillée, désertée, puis incendiée en 1568. Malgré une tentative de restauration en 1648 par l’abbesse Cécile de Noé, les bâtiments sont à nouveau détruits en 1654 par des propriétaires refusant de restituer les biens acquis. La communauté se réfugie alors à Carcassonne, avant d’être transférée en 1761 au prieuré de Lombez (Gers), marquant la fin de sa présence à Rieunette.

De l’abbaye primitive, il ne subsiste aujourd’hui que l’abbatiale du XIIe siècle, classée monument historique en 1950, et les vestiges des ailes nord et est du cloître, inscrits depuis 1925. Nichée dans un vallon boisé, l’abbaye offre une architecture dépouillée, typique de l’art cistercien. En 1998, la communauté de l’abbaye de Boulaur (Gers) relance la vie monastique sur le site, qui accueille désormais visiteurs et pèlerins pour des retraites spirituelles ou la découverte du patrimoine.

L’abbaye est fille de l’abbaye de Tart, et son histoire reflète les bouleversements religieux et politiques de la région, des donations médiévales aux conflits des XVIe et XVIIe siècles. Le site, inscrit depuis 1945 pour son cadre naturel exceptionnel, incarne à la fois un héritage spirituel et une architecture préservée, malgré les destructions répétées.

Parmi les événements marquants, l’assassinat de l’abbesse de Levis en 1671 par Marc-Antoine du Ferrier scelle définitivement l’abandon du site par les moniales. Les biens de l’abbaye, aliénés en 1793, subissent diverses transformations avant d’être partiellement restaurés. Aujourd’hui, l’église Sainte-Marie, au plan rectangulaire atypique et dotée d’un clocher fortifié, témoigne de cette histoire mouvementée.

Devenir actuel

En 1998, une petite communauté y vit dans la prière et le travail, accueillant toute l'année les visiteurs qui souhaitent découvrir le patrimoine cistercien - architecture et chant grégorien -, et les chrétiens désireux de faire une halte spirituelle et de participer aux offices monastiques.

Liens externes