Abbaye à Nouaillé-Maupertuis dans la Vienne

Abbaye

  • 86340 Nouaillé-Maupertuis
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Abbaye
Crédit photo : Kokin - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune ; propriété privée

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
800
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
830
Translation des reliques
Début du IXe siècle
Construction de l'église
XIe siècle
Apogée de l'abbaye
XIIe siècle
Voûtement de la nef
XIVe siècle
Fortification de l'abbaye
1569
Destruction partielle
1618
Intégration à Saint-Maur
Fin XVe-début XVIe siècle
Travaux de restauration
1792
Suppression de l'abbaye
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : classement par liste de 1846 ; L'ensemble des bâtiments situés à l'intérieur de l'enceinte (à l'exception de l'église déjà classée) et les vestiges de l'enceinte avec ses tours, ses ponts et ses douves (cad. D 176, 178, 186, 189, 204, 205) : classement par décret du 6 janvier 1945 ; Immeubles nus et bâtis (y compris les écuries des moines) (cad. DI 169p, 175p, 177, 182p, 183p, 185p, 187 à 189, 195 à 198, 200, 201, 203, 211p, 212p) : classement par arrêté du 4 juin 1957 ; Immeubles nus et bâtis (cad. D 199) : inscription par arrêté du 23 décembre 1957

Personnages clés

Saint Junien Saint dont les reliques sont conservées dans l'abbaye.
Godolène Abbé qui fit construire une nouvelle église au début du IXe siècle.
Constantin Abbé sous lequel l'abbaye connaît son apogée au XIe siècle.
Raoul du Fou Abbé laïc ayant entrepris des travaux de restauration à la fin du XVe siècle.
François de La Béraudière Abbé ayant mené des campagnes de restauration au XVIIe siècle.
Prosper Mérimée Personnalité ayant contribué à la sauvegarde de l'abbaye en 1836.

Origine et histoire

L'abbaye Saint-Junien de Nouaillé-Maupertuis occupe le fond plat de la vallée du Miosson, au sein d'un ancien méandre abandonné, sur la commune de Nouaillé-Maupertuis dans la Vienne, près de Poitiers. De l'importante fondation bénédictine subsiste un ensemble notable de bâtiments entourant une vaste église romane transformée à plusieurs reprises. Le petit monastère, d'abord dépendant de l'abbaye Saint-Hilaire de Poitiers, prit les noms de Notre-Dame Saint Hilaire puis, après la translation des reliques de saint Junien en 830, devint connu sous le nom d'abbaye Saint-Junien. À la fin du VIIe siècle, des religieux de Saint-Hilaire s'installèrent près du Miosson; au début du IXe siècle ils adoptèrent la vie communautaire et, à partir de 808, la règle de saint Benoît, se séparant de Saint-Hilaire. Les vestiges du premier établissement comprennent un pavage en terre cuite à motifs poinçonnés et des plaques gravées d'entrelacs insérées dans les murs de la crypte. L'abbé Godolène fit construire au début du IXe siècle une nouvelle église dotée d'une crypte destinée au tombeau de saint Junien; la translation des reliques date de 830. La crypte, aménagée sous le chœur, présente un chevet plat composé d'une abside en hémicycle et d'absidioles séparées par deux petites salles rectangulaires apparentées aux "secretaria" des basiliques orientales. Le sarcophage carolingien de saint Junien, exposé aujourd'hui au fond du chœur, conserve un décor peint remarquable inspiré de tissus orientaux et représentant notamment des aigles dans des médaillons perlés. Au début du XIe siècle, sous l'abbé Constantin, l'abbaye connaît son apogée grâce au soutien des comtes de Poitou et de grands bienfaiteurs; d'importantes restaurations sont entreprises. À cette époque on réédifie une nef charpentée à murs minces, qui sera voûtée en pierre au XIIe siècle, moment où la nef est divisée en trois vaisseaux par deux séries de colonnes quadrilobées recevant des arcs brisés. La partie centrale de la nef reçoit une voûte en berceau brisé à doubleaux tandis que les collatéraux sont couverts de voûtes en plein cintre et renforcés par des arcs en quart de cercle pris entre colonnes et mur gouttereau. Vers la seconde moitié du XIIe siècle, la façade occidentale est masquée par l'élévation du clocher-porche, prolongement d'une tradition ancienne autour du porche-clocher. Au XIVe siècle, les moines entourent l'abbaye d'une enceinte fortifiée; la crise économique et les guerres entraînent un affaiblissement de la règle monastique. Entrée en commende au XVIe siècle, l'abbaye voit l'abbé laïc Raoul du Fou entreprendre des travaux de fin XVe-début XVIe siècle, dont le logis abbatial aujourd'hui transformé en mairie et décoré d'une porte gothique flamboyante, ainsi que la sacristie, la salle capitulaire et une baie du clocher. En 1569 l'armée protestante de l'amiral de Coligny pille et brûle l'abbaye : le chœur, le cloître et les dortoirs sont détruits, tandis que la nef est relativement épargnée. L'abbaye intègre la congrégation de Saint-Maur en 1618 et, sous l'impulsion de François de La Béraudière (abbé de 1597 à 1646), entreprend de longues campagnes de restauration faute d'argent, avec reprise des réparations à partir de 1645. Entre 1661 et 1664 sont réalisées les stalles et le jubé, et les travaux du chœur s'achèvent en 1690; un grand bâtiment d'habitation au sud est élevé en 1731. La communauté décline ensuite : l'abbaye n'abrite plus que sept moines en 1734 et neuf en 1790; elle est supprimée puis vendue en 1792. Après la Révolution l'ancienne abbatiale devient église paroissiale ; des réparations permettent son utilisation et l'intervention de Prosper Mérimée en 1836 contribue à sa sauvegarde. Au XXe siècle, deux cloches sont transférées à la cathédrale de Poitiers mais deux autres, Sainte‑Marie et Saint‑Junien, subsistent ; des réparations sont menées après la Seconde Guerre mondiale. Le monument a bénéficié de protections au titre des monuments historiques en 1846, le 1er janvier 1945, le 4 juin 1957 et d'une inscription complémentaire le 23 décembre 1957. L'ensemble est ceint d'anciennes douves et remparts du XIIIe siècle, dont subsistent des tours encadrant le pont sur le Miosson et deux portes longeant l'église. À l'ouest, le clocher-donjon du XIIe siècle repose sur un porche couvert d'une coupole sur trompes ; vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse figurent sous une rainure du porche et la façade occidentale présente un vocabulaire gothique. Le mur nord extérieur, le plus ancien de l'abbatiale, conserve un appareil cubique remontant à l'époque carolingienne tandis que le mur sud porte un système d'arcatures et des contreforts liés à l'élévation de la voûte au XIIe siècle. Sous la coupole octogonale du clocher-porche, un oculus centre huit branches d'ogives reçues par des colonnettes ; un cordon mouluré, des modillons sculptés et quatre hautes fenêtres animent le dispositif, dont les chapiteaux des piles illustrent des épisodes du Nouveau Testament et des scènes étranges comme une lutte entre hommes entravés et femmes armées. La collatérale nord du clocher-porche, voûtée en demi-berceau, assure son contrebutement. La nef, organisée en quatre travées presque carrées, est couverte d'un berceau brisé articulé par des doubleaux retombant sur des piles quadrilobées ; des arcs étrésillons renforcent ces piles et les bas-côtés sont voûtés en plein cintre. Les chapiteaux de la nef offrent une ornementation sobre de volutes, feuillages et masques, tandis que les colonnettes jumelées présentent parfois des scènes historiées : chimères, lions feuillagés, oiseaux buvant dans un calice, joueur de cor ou moine donnant à boire à un maçon. Quelques fragments de peintures romanes subsistent sur les piliers et murs, évoquant un évêque — peut-être saint Hilaire — et possiblement saint Benoît. Le transept et le chœur, reconstruits entre 1683 et 1690, présentent un chevet droit et des voûtes gothiques à liernes et tiercerons, tandis que trois cryptes découvertes en 1945 conservent des colonnes de l'église primitive, l'une pouvant remonter au Ve siècle, avec des traces de peinture dans la crypte centrale; le mobilier comprend un jubé de 1663 et des stalles du XVIIe siècle de Jean Girouard, un sarcophage du VIIIe siècle appelé "chasse de Saint Junien" avec peintures du tournant VIIIe-IXe siècle, un lutrin en bois et une pietà en terre cuite du XVIIe siècle, et l'aile occidentale et le logis abbatial du XVe siècle complètent l'ensemble, le logis abritant aujourd'hui la mairie. La liste des prieurs et abbés, documentée notamment dans Gallia Christiana, commence avec saint Junien et se poursuit jusqu'à Joseph de La Ville de Miremont (1757-1791).

Liens externes