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Abbaye de Belval au Bois-des-Dames à Belval-Bois-des-Dames dans les Ardennes

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye

Abbaye de Belval au Bois-des-Dames

    Les Pêches
    08240 Belval-Bois-des-Dames
Propriété privée
Crédit photo : NEUVENS Francis - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Vers 1120
Fondation initiale
1133
Intégration à Prémontré
1320
Destruction partielle
1533
Introduction de la commende
1622
Déclin démographique
1790
Suppression révolutionnaire
1795
Destruction de l’église
4 novembre 1991
Classement MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ancien logis conventuel du 18s ; porterie ; bassin avec les deux statues ; logis 17s ; ancienne chapelle de Belval (cad. AL 35, 54, 59, 60) : inscription par arrêté du 4 novembre 1991

Personnages clés

Albéron de Chiny - Évêque de Verdun Donateur du fief initial vers 1120.
Abbé Philippe - Disciple de saint Norbert Fonde l’école de copistes et miniaturistes.
Baudouin II de Beaumont - Abbé reconstructeur Rebâtit l’abbaye après 1320.
Basile Joseph Raux - Acquéreur révolutionnaire Maître de forges, député du tiers état.
Simon Raguet - Prieur réformateur Relance la vie monastique vers 1620.

Origine et histoire

L’abbaye de Belval, fondée vers 1120 par des chanoines augustins sur un fief de l’évêque de Verdun, Albéron de Chiny, adopte en 1133 la règle de Prémontré. Initialement monastère double (hommes et femmes), les religieuses quittent bientôt le site pour Cressy. Sous l’abbé Philippe, disciple de saint Norbert, l’abbaye développe une école de copistes et miniaturistes, attirant protections et donations seigneuriales. Son influence s’étend sur cinq abbayes-filles et un couvent, comme L’Étanche ou Sept-Fontaines.

Détruite en 1320, l’abbaye est reconstruite par l’abbé Baudouin II de Beaumont, marquant une période de prospérité matérielle et spirituelle. Au XIVe siècle, elle obtient des privilèges royaux (pêche sur la Meuse, usage libre du sel) et possède une forge au XVIe siècle. La commende, introduite en 1533, affaiblit ses revenus, malgré quelques abbés commendataires compétents. Les guerres de Religion et la proximité de la frontière ravagent le site : en 1622, seuls deux chanoines et sept religieux y résident encore.

La Contre-Réforme relance la vie monastique dans les années 1620, avec une rigueur retrouvée, des études théologiques, et la construction d’une chapelle Saint-Nicolas. En 1741, sa bibliothèque compte 2 487 ouvrages, reflétant une culture équilibrée entre théologie (54 %) et sciences humaines. Supprimée en 1790, l’abbaye est vendue comme bien national à Basile Joseph Raux, maître de forges et député du tiers état. L’église est détruite en 1795, son mobilier dispersé (une partie orne aujourd’hui l’église de Grandpré).

Le domaine, transformé en château, passe entre les mains de familles industrielles (Raux, Mathys) jusqu’en 1914. Les bâtiments restants, dont le logis conventuel du XVIIIe siècle et une chapelle réduite, souffrent durant la Première Guerre mondiale. De sa bibliothèque subsistent 83 manuscrits, conservés à Charleville, dont une bible et des missels des XIIIe et XIVe siècles. L’ensemble est inscrit aux monuments historiques en 1991.

L’architecture actuelle mêle un logis abbatial du XVIIe siècle, un bâtiment conventuel du XVIIIe en pierre et brique (22 cellules, galerie voûtée), et un bassin orné de statues. Le portail occidental, tourné vers un étang, arbore un décor sculpté de palmettes et pilastres ioniques. Le site, à l’orée d’une forêt ardennaise, conserve aussi les traces d’une forge et d’un moulin actionné par un ruisseau se jetant dans la Wame, affluent de la Meuse.

Liens externes