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Abbaye de Lisle-en-Barrois dans la Meuse

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye

Abbaye de Lisle-en-Barrois

    Le Bourg
    55250 Lisle-en-Barrois

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1140
Fondation de l'abbaye
1143
Exemption des redevances
1144
Confirmation pontificale
vers 1150
Arrivée des cisterciens
1202
Consécration de l'église abbatiale
1625
Passage en commende
1790
Fermeture révolutionnaire
1791
Vente et démolition partielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Ulrich de Lisle - Fondateur de l'abbaye Donateur des terres initiales vers 1140
Mathilde de Lisle - Co-fondatrice Épouse d'Ulrich, donatrice conjointe
Albéron de Chiny - Évêque de Verdun (46e) Exempta l'abbaye de redevances en 1143
Eustache de Montiers-en-Argonne - Premier abbé fondateur Établit la communauté initiale à Anglecourts
Hugues - Abbé vers 1162 Transféra le monastère à Lisle
Didier Ier Cabouillet - Abbé martyr en 1568 Tué par les huguenots lors du sac
Didier III de Reims - Dernier abbé régulier (1606-1625) Fonda la chapelle Sainte-Barbe aux Anglecourts
Antoine-Clériadus de Choiseul Beaupré - Abbé commendataire (1742) Cardinal et primat de Nancy

Origine et histoire

L'abbaye de Lisle-en-Barrois, située dans le département de la Meuse en région Grand Est, fut fondée vers 1140 par Ulrich de Lisle et son épouse Mathilde. Ils donnèrent leurs terres des Anglecourts (Courcelles-sur-Aire) à l'abbé Eustache de Montiers-en-Argonne, qui y établit une église dédiée à Notre-Dame. En 1143, l'évêque de Verdun Albéron exempta l'abbaye de redevances, et le pape Lucius III confirma cette exemption en 1144. Vers 1150, les cisterciens remplacèrent les chanoines, et en 1160, une communauté s'installa à Lisle, dans la vallée de la Melche.

L'abbaye connut un essor rapide grâce à des donations, comme celles de Rainiers d'Aspremont, et devint un monastère puissant et riche. Elle bénéficia de bulles pontificales de protection (Alexandre III, Innocent III, etc.) et de la protection du comte de Bar en 1263. Son église abbatiale, de style ogival, fut consacrée en 1202 et rénovée en 1744. L'abbaye possédait un vaste domaine, incluant forêts, fermes et dîmes, et fut dirigée par 41 abbés réguliers jusqu'en 1625, date à laquelle elle passa en commende.

L'abbaye déclina sous les abbés commendataires, moins investis dans la vie monastique. En 1661, ses revenus furent attribués à la Primatiale de Nancy. Malgré des travaux au XVIIIe siècle, l'abbaye fut vendue comme bien national en 1791 après la Révolution. Ses bâtiments furent en partie démolis, et seuls quelques vestiges subsistent aujourd'hui. Son fonds d'archives est conservé aux Archives départementales de la Meuse.

L'église abbatiale, décrite comme majestueuse en 1744, possédait une tour carrée avec huit cloches et un cloître bien structuré. Le monastère abritait une communauté variable (jusqu'à 20 religieux), mais son déclin s'accéléra au XVIIIe siècle. En 1790, seuls neuf moines quittèrent les lieux, à l'exception d'un père souhaitant rester. Les statues des Quatre Saisons, encore visibles dans le parc, témoignent de son passé fastueux.

Le domaine de l'abbaye s'étendait sur 1 700 hectares, incluant des fermes, des étangs et des propriétés dans plusieurs villages. Les moines percevaient des dîmes et possédaient des droits seigneuriaux. En 1778, l'abbaye loua une partie de ses terres avant sa dissolution. Aujourd'hui, l'église paroissiale de Lisle-en-Barrois, ancienne dépendance, conserve un héritage spirituel lié à saint Fiacre et saint Christophe.

Liens externes