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Abbaye de Montbenoît dans le Doubs

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Doubs

Abbaye de Montbenoît

    2 D437
    25650 Montbenoît
Propriété de la commune
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
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Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Abbaye de Montbenoît
Crédit photo : Ludovic Péron - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Vers l'an Mil
Fondation par l'ermite Benoît
1117–1134
Adoption règle de saint Augustin
1199
Charte confirmant la règle augustinienne
1228
Inhumation d’Henri Ier de Joux
1251
Charte du Saugeais
1458
Coutumier du Saugeois
XVIIe siècle
Vandalisme par les troupes de Saxe-Weimar
1846
Classement du cloître
1906
Reconstruction du clocher
1922
Classement de l’église (hors clocher)
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le cloître : classement par liste de 1846 et par journal officiel du 18 avril 1914 - L'église abbatiale (à l'exception du clocher) : classement par arrêté du 7 novembre 1922 - Les autres bâtiments de l'abbaye : inscription par arrêté du 8 octobre 1935 - L'église abbatiale sise place de l'Abbaye : le clocher-porche en totalité (cad. AA 72) : inscription par arrêté du 3 décembre 2013

Personnages clés

Benoît - Ermite fondateur Établit un ermitage vers l’an Mil
Anseric - Archevêque de Besançon (1117–1134) Impulse adoption règle augustinienne
Narduin - Premier prieur à porter la crosse Dirige la construction nef/avant-chœur (1141–1162)
Henri de Joux - Seigneur protecteur (fin XIIe–début XIIIe) Donateur et inhumé dans le chœur
Ferry Carondelet - Prieur commendataire (début XVIe) Reconstruit chœur et chapelles en 1522
Henri Bouchet - Conseiller de Philippe III de Bourgogne Scelle le *coutumier du Saugeois* (1458)
Bernard de Saxe-Weimar - Général des troupes « suédoises » Responsable des destructions au XVIIe siècle

Origine et histoire

L'abbaye de Montbenoît, située dans le Doubs en Bourgogne-Franche-Comté, est une ancienne abbaye augustine fondée vers l’an Mil par un ermite nommé Benoît. Initialement communauté bénédictine, elle adopte la règle de saint Augustin au XIIe siècle sous l’influence de l’archevêque Anseric de Besançon (1117-1134). Son architecture reflète des siècles d’évolution, avec un cloître des XIIe–XVe siècles, un chœur gothique flamboyant (XVIe), et des stalles Renaissance. Le monastère domine aussi la seigneurie du Saugeais, dont il fixe les coutumes dès 1251 via une charte signée avec l’archevêque Guillaume II de la Tour.

Au Moyen Âge, l’abbaye bénéficie de donations majeures : forêts, dîmes, églises (comme Nods ou Pontarlier) et droits féodaux offerts par les sires de Joux, ses protecteurs. Ces seigneurs, réputés guerriers, y sont inhumés (ex. : Henri Ier en 1228, représenté en armure sur son tombeau). Le coutumier du Saugeois (1458), scellé par Henri Bouchet pour Philippe III de Bourgogne, codifie 112 articles régissant la vie locale, des droits monastiques aux nominations des juges (messiers). L’abbaye gère alors 20 établissements dépendants (prieurés, églises) et perçoit redevances en sel, vin ou corvées.

L’édifice subit des destructions au XVIIe siècle lors des guerres de Richelieu, quand les troupes de Bernard de Saxe-Weimar (dites « Suédoises ») vandalisent son intérieur. Malgré incendies et conflits, elle reste le seul ensemble religieux médiéval intact du Doubs. Ses éléments sont protégés par étapes : cloître classé en 1846, église (hors clocher) en 1922, autres bâtiments en 1935, et clocher néo-gothique (reconstruit en 1906) inscrit en 2013. Son cloître et son chœur, symboles de son rayonnement spirituel et politique, témoignent de son rôle central dans l’organisation féodale du Haut-Doubs.

La fondation de l’abbaye s’ancre dans la tradition érémitique : Benoît, solitaire attirant des disciples, établit une communauté bénédictine avant sa conversion à la règle augustinienne. Les archives mentionnent des prieurs comme Narduin (milieu XIIe siècle), premier à porter la crosse abbatiale, ou Ferry Carondelet, qui impulse en 1522 la reconstruction du chœur et des chapelles. Les chartes des XIIe–XIIIe siècles détaillent les redevances des habitants du Saugeais (12 deniers par maison, corvées) et les droits de l’abbaye sur les mariages ou héritages. Ces textes révèlent une société rurale structurée autour du monastère, où se croisent pouvoirs seigneuriaux, ecclésiastiques et coutumiers.

Les sires de Joux, lignée « farouche » selon les chroniques, jouent un rôle ambigu de protecteurs et oppresseurs. Leur déclin au XIVe siècle (extinction en 1326) coïncide avec l’affirmation de l’abbaye comme acteur économique, grâce à des biens dispersés : salines de Salins, moulins, péages (ex. : La Cluse), ou vignobles. Les donations du pape Innocent II (1141) et des archevêques (comme Humbert de Scey) étendent son patrimoine jusqu’à Pontarlier ou Saint-Gorgon. Au XVIIIe siècle, des modifications architecturales (voûtes en bois) précèdent les restaurations du XXe siècle, marquées par la reconstruction du clocher en style néo-gothique (1906).

Liens externes