Frise chronologique
Paléolithique supérieur (vers -35 000 ans)
Occupation aurignacienne
Occupation aurignacienne
Paléolithique supérieur (vers -35 000 ans) (≈ 1505000 av. J.-C.)
Première trace d’*Homo sapiens* et industrie osseuse.
1911-1913
Fouilles de Marcel Castanet
Fouilles de Marcel Castanet
1911-1913 (≈ 1912)
Découverte de parures et art-sur-bloc.
24 août 1931
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
24 août 1931 (≈ 1931)
Protection de l’abri Blanchard.
1995
Reprise des fouilles par Randall White
Reprise des fouilles par Randall White
1995 (≈ 1995)
Études modernes à l’abri Castanet.
2012
Découverte d’une plaque gravée
Découverte d’une plaque gravée
2012 (≈ 2012)
Datée à -37 000 ans (sous réserve).
2025
Intégration aux Chemins de l’Art rupestre
Intégration aux Chemins de l’Art rupestre
2025 (≈ 2025)
Réseau européen du Conseil de l’Europe.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abri Blanchard (cad. C 485) : classement par arrêté du 24 août 1931
Personnages clés
| Marcel Castanet - Archéologue |
Fouilles initiales (1911-1913) et découverte majeure. |
| Denis Peyrony - Préhistorien |
Étude des gravures (publication en 1935). |
| Henri Breuil - Spécialiste d’art pariétal |
Analyse des blocs ornés (1952). |
| Brigitte et Gilles Delluc - Archéologues |
Publication CNRS sur Labattut (1991). |
| Randall White - Archéologue contemporain |
Fouilles depuis 1995 et découvertes récentes. |
Origine et histoire
L’abri Blanchard, situé dans le vallon des Roches (ou Castel-Merle) à Sergeac (Dordogne), fait partie d’un ensemble de six abris sous roche occupés depuis le Paléolithique supérieur. Ce site, fouillé dès 1911 par Marcel Castanet, est réputé pour abriter la plus riche collection aurignacienne d’Europe en industrie osseuse, parures et art-sur-bloc. Les vestiges incluent des perles en ivoire de mammouth, des coquillages percés, et des blocs gravés ou peints, datés entre -30 000 et -35 000 ans. L’abri a été classé Monument Historique en 1931.
Le vallon de Castel-Merle, dominé par deux falaises distantes de 100 mètres, offre une concentration exceptionnelle d’habitats préhistoriques. Occupé successivement par les Néandertaliens (abri Blanchard II) puis par Homo sapiens (Cro-Magnon), le site livre des traces des cultures aurignacienne, gravettienne, solutréenne et magdalénienne. Les effondrements naturels des voûtes ont préservé les couches archéologiques, révélant des milliers de silex, des sculptures (comme la frise de l’abri Reverdit), et des sépultures parées.
Les fouilles, menées initialement par Marcel Castanet pour le musée des Eyzies, ont été reprises par des équipes internationales, dont celle de Randall White en 1995. En 2012, une plaque gravée datée de -37 000 ans (sous réserve) y a été découverte, potentiellement la plus ancienne au monde. Le site, intégré en 2025 aux « Chemins de l’Art rupestre préhistorique » du Conseil de l’Europe, attire pour son patrimoine unique et son musée exposant colliers et objets aurignaciens.
La topographie du vallon, traversé par un ancien ruisseau aujourd’hui asséché, et sa proximité avec la Vézère (à 8 km de Lascaux) en font un lieu clé pour comprendre les modes de vie préhistoriques. Les abris voisins, comme Castanet (classé en 1912), Labattut ou la Souquette, complètent ce complexe archéologique, témoignant d’une occupation continue et de pratiques symboliques avancées (art, parures, rituels).
Les recherches ont mis en lumière des techniques innovantes, comme le contrôle de la lumière et de la chaleur dans les abris, ou la fabrication de « perles paniers » en ivoire. Les études récentes (Bourrillon, White, Delluc) soulignent l’importance du site pour la compréhension de l’Aurignacien en Europe occidentale, notamment via l’analyse des collections conservées aux États-Unis et en France.
Malgré des stratigraphies partiellement endommagées par des fouilles anciennes (comme celles d’O. Hauser), Castel-Merle reste un référentiel pour l’étude des transitions culturelles et des interactions entre groupes humains durant la Préhistoire. Son classement au titre des Monuments Historiques et son intégration à des réseaux patrimoniaux européens en font un site majeur pour la recherche et la diffusion scientifique.