Frise chronologique
Paléolithique supérieur (entre -35 000 et -10 000 ans)
Occupation humaine
Occupation humaine
Paléolithique supérieur (entre -35 000 et -10 000 ans) (≈ 0)
Période d'habitation par Néandertaliens et Cro-Magnon
1911-1914
Fouilles par Marcel Castanet
Fouilles par Marcel Castanet
1911-1914 (≈ 1913)
Découverte de gravures et squelette paré
24 août 1931
Classement monument historique
Classement monument historique
24 août 1931 (≈ 1931)
Protection officielle de l’abri Labattut
1991
Publication CNRS par les Delluc
Publication CNRS par les Delluc
1991 (≈ 1991)
Étude des blocs gravés et peintures
2025
Intégration aux Chemins de l’Art rupestre
Intégration aux Chemins de l’Art rupestre
2025 (≈ 2025)
Label du Conseil de l’Europe
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abri Labattut (cad. C 505) : classement par arrêté du 24 août 1931
Personnages clés
| Marcel Castanet - Archéologue |
Fouilles de 1911 à 1914, discoveries majeures |
| Brigitte Delluc - Préhistorienne |
Étude des gravures (publication 1991) |
| Gilles Delluc - Préhistorien |
Co-auteur de l’étude CNRS 1991 |
| Randall White - Archéologue |
Reprise des fouilles en 1995 |
| L. Didon - Propriétaire et mécène |
Achat et financement des fouilles (1911) |
Origine et histoire
L’abri Labattut, situé dans le vallon des Roches à Sergeac (Dordogne), fait partie du site préhistorique de Castel Merle, un ensemble d’abris sous roche occupés du Paléolithique supérieur (entre -35 000 et -10 000 ans). Ce vallon, dominé par deux falaises distantes de moins de 100 mètres, abrite six abris par falaise, dont Labattut, Reverdit et Blanchard, fouillés dès le début du XXe siècle. Les effondrements naturels des voûtes ont préservé des couches archéologiques exceptionnelles, révélant des outils en silex, des parures et des œuvres d’art mobilier.
L’abri Labattut doit son nom à son ancien propriétaire. Acquis en 1911 par L. Didon, il fut fouillé par Marcel Castanet jusqu’en 1914. Les découvertes incluent une industrie lithique, des blocs gravés (chevaux, mammouths) et peints (cerf, bison, main en négatif), ainsi qu’un squelette d’enfant orné de perles et coquillages. Classé monument historique en 1931, ses vestiges ont été étudiés par Brigitte et Gilles Delluc (publication CNRS, 1991), reconstituant l’histoire des fouilles grâce aux archives de Castanet.
Le site de Castel Merle, parfois appelé « vallon des Roches », se situe en rive gauche de la Vézère, une vallée majeure pour la préhistoire, proche de Lascaux (8 km) et des Eyzies (19 km). Occupé successivement par les Néandertaliens (abris Merveilles, Blanchard II) puis par Homo sapiens (Cro-Magnon), il révèle des occupations aurignaciennes, gravettiennes, solutréennes et magdaléniennes. Les abris mieux exposés, comme Labattut, Reverdit ou la Souquette, ont livré des milliers de silex, des blocs sculptés et des parures en ivoire ou coquillages.
Les fouilles de l’abri Labattut ont mis au jour des gravures sur galets et des peintures pariétales fragmentaires, dont un cerf et une main en négatif. Ces œuvres, associées à des outils et des sépultures, illustrent la complexité culturelle des sociétés paléolithiques. Le musée du site expose aujourd’hui des colliers parmi les plus anciens d’Europe, datés de l’Aurignacien et du Magdalénien, replaçant ces objets dans leur contexte archéologique.
Castel Merle, classé au titre des monuments historiques pour plusieurs de ses abris (Blanchard en 1931, Reverdit en 1924), intègre en 2025 les « Chemins de l’Art rupestre préhistorique », un réseau européen du Conseil de l’Europe. Ce label souligne son importance patrimoniale, aux côtés de 160 autres sites attirant quatre millions de visiteurs annuels. Les recherches récentes, comme celles de Randall White (depuis 1995), continuent d’enrichir la connaissance de l’art et des pratiques symboliques aurignaciennes.