Abris sous roche du château de Bruniquel dans le Tarn-et-Garonne

Patrimoine classé Vestiges préhistoriques Abris sous roche

Abris sous roche du château de Bruniquel

  • Chemin des Remparts 
  • 82800 Bruniquel
Abris sous roche du château de Bruniquel
Abris sous roche du château de Bruniquel
Abris sous roche du château de Bruniquel
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Abris sous roche du château de Bruniquel
Abris sous roche du château de Bruniquel
Abris sous roche du château de Bruniquel
Crédit photo : Didier Descouens - Sous licence Creative Commons
Propriété privée ; propriété de la commune

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1800
1900
2000
12 000 av. J.-C.
Création du propulseur
1854-1858
Découverte des abris
1864
Début des fouilles
1996
Inscription historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Abri Montastruc (cad. G 406) ; abri Gandil (cad. G 407) ; abri Lafaye (cad. G 409) ; abri Plantade (cad. G 410) : inscription par arrêté du 20 mars 1996

Personnages clés

Victor Brun Archéologue ayant mené les premières fouilles au XIXe siècle.
Peccadeau de Lisle Fouilles de l'abri Montastruc en 1867.
Bernard Bétirac Archéologue ayant travaillé sur l'abri Montastruc au XXe siècle.
Marc Chaillot Fouilles de l'abri Gandil en 1929.
Edmée Ladier Fouilles de l'abri Gandil entre 1987 et 1996.

Origine et histoire des Abris sous roche

Le site archéologique des quatre abris sous roche du château de Bruniquel regroupe quatre grottes magdaléniennes — Montastruc, Gandil, Lafaye et Plantade — situées au pied des châteaux de Bruniquel, sur la rive gauche de l'Aveyron, exposées à l'est et surplombées par une falaise. Mis au jour lors de l'aménagement de la ligne de chemin de fer entre 1854 et 1858, ces abris ont été fouillés principalement au XIXe siècle par Victor Brun, qui a commencé ses travaux à partir de 1864, puis par divers chercheurs aux XIXe et XXe siècles. Les interventions notables incluent les fouilles de l'abri Montastruc par Peccadeau de Lisle en 1867 et par Bernard Bétirac en 1947 et 1956, celles de l'abri Gandil par Marc Chaillot en 1929 et par Edmée Ladier entre 1987 et 1996. Le site, qui a livré entre autres deux squelettes humains, outillage osseux et lithique, art mobilier et quelques instruments de musique, est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1996. Sur une distance d'environ 300 mètres le long de la rivière, on trouve en amont l'abri Plantade, puis Lafaye, Gandil et Montastruc.

L'abri Montastruc a fourni des ensembles artistiques et utilitaires remarquables : le propulseur dit « cheval bondissant », conservé au musée d'Archéologie nationale et daté autour de 12 000 av. J.-C., des figurations gravées et sculptées, environ quatre-vingts plaquettes gravées, des harpons et divers objets de parure. Une partie importante de la collection de Peccadeau de Lisle provenant de Montastruc est entrée au British Museum en 1887. Au milieu du XXe siècle, Bernard Bétirac a mis au jour une rondelle en os perforée ornée d'une tête de bouquetin, découverte publiée par André Leroi-Gourhan en 1965 ; d'autres pièces de parure et pendeloques avaient déjà été identifiées au XIXe siècle. L'ensemble mobilier de Montastruc témoigne d'échanges culturels à longue distance et s'inscrit dans des aires de diffusion présentes du nord de l'Espagne au Périgord et au-delà.

L'abri Gandil, le dernier fouillé, a livré des données stratigraphiques et archéozoologiques importantes pour l'ensemble du site. L'analyse des dents de renne indique une occupation saisonnière, de printemps à début novembre, liée aux migrations des rennes, à la présence de saumons et à la disponibilité maximale des ressources végétales en été. Les vestiges montrent une économie centrée sur le renne — jusqu'à 90 % du gibier chassé — suivi du bouquetin, du chamois, du cheval, du bison, de l'aurochs, du cerf et d'espèces plus rares ; les carnivores sont vraisemblablement exploités pour leur fourrure. L'outillage comprend des aiguilles et de nombreux objets en bois de renne destinés à la confection de vêtements, des sagaies et propulseurs, tandis que l'absence de harpons à Gandil contraste avec leur présence dans d'autres abris du site. Le silex y est travaillé à partir de blocs locaux, notamment du site du Verdier à une vingtaine de kilomètres, et occasionnellement à partir de matériaux venus de régions plus lointaines en petit nombre.

La stratigraphie de l'abri Gandil met en évidence une séquence inférieure attribuée au Magdalénien inférieur — caractérisée par des microlamelles à dos et des pointes à cran et sans raclettes — et un sommet attribué au Magdalénien moyen à lamelles scalènes ; de nouvelles datations autour de 17 000 ans avant le présent soutiennent cette attribution et renvoient à des débats sur la genèse du Magdalénien moyen et la cohabitation avec des industries badegouliennes en Quercy. L'abri Gandil a livré quelques pendeloques, un fossile et une incisive de castor, ainsi qu'une plaquette à la fois peinte et gravée représentant notamment un renne, des aurochs, un oiseau, des têtes humaines et la peinture noire d'un cerf ; une flûte simple à embouchure oblique, sans trous de jeu, a également été découverte, instrument qui permettait de varier la hauteur du son par la pression du souffle ou la fermeture partielle de l'extrémité.

L'abri Lafaye, fouillé par Victor Brun, a livré au moins une sépulture humaine importante, dite « dame de Bruniquel », considérée comme l'une des plus complètes du Magdalénien et datée d'environ 13 500 ans, ainsi que la sépulture d'un enfant de trois à cinq ans. L'abri a aussi fourni des objets gravés et sculptés — une plaquette figurant deux silhouettes humaines vêtues de fourrures, un objet en bois de renne peut‑être lié à la pêche, et un propulseur à tête de cheval — et un important matériel de parure réparti entre plusieurs musées, notamment le muséum Victor Brun de Montauban et le musée d'Aquitaine à Bordeaux.

L'abri Plantade, fouillé en même temps que Lafaye, a livré une centaine d'objets de parure conservés au muséum Victor Brun à Montauban : épingle en bois de renne, coquillages percés, dents perforées, perles, rondelles en os et perles en ivoire. On y observe aussi la présence d'ocre sur une coquille de Turritella et l'utilisation d'un pétoncle comme godet à ocre ; la présence de harpons et d'hameçons en os ou en bois de renne atteste une occupation durant la fin du Magdalénien. Chaque abri présente des assemblages de parure distincts, qui peuvent refléter des identités symboliques locales ou des différences chronologiques entre les occupations.

Liens externes