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Abbaye de Saint-Fuscien dans la Somme

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Somme

Abbaye de Saint-Fuscien

    5 Rue de l'Église
    80680 Saint-Fuscien
Propriété privée
Abbaye de Saint-Fuscien
Abbaye de Saint-Fuscien
Abbaye de Saint-Fuscien
Abbaye de Saint-Fuscien
Abbaye de Saint-Fuscien
Abbaye de Saint-Fuscien
Abbaye de Saint-Fuscien
Abbaye de Saint-Fuscien
Abbaye de Saint-Fuscien
Crédit photo : Markus3 (Marc ROUSSEL) - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
800
900
1000
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
fin VIe siècle
Fondation légendaire
859 et 925
Destructions normandes
1105
Refondation bénédictine
1533
Mise en commende
1648
Réforme de Saint-Maur
1790
Suppression révolutionnaire
1825
École des Frères de Saint Joseph
1988
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures de l'hôtel abbatial et du petit pavillon du XVIIIe siècle ; mur de clôture ; ensemble des sols compris dans cette enceinte (cad. AC 31, 33 à 36, 40 à 43, 106) : inscription par arrêté du 27 mai 1988

Personnages clés

Frédégonde - Reine des Francs Fondatrice légendaire de l’abbaye (VIe siècle).
Enguerrand de Boves - Comte d’Amiens (1042–1116) Refondateur de l’abbaye en 1105.
Odolric - Premier abbé bénédictin Mentionné dans la charte de 1105.
Jean Le Veneur - Premier abbé commendataire Nommé en 1533 par le roi.
Guy d'Aligre - Dernier abbé (1769–1790) Avant la suppression révolutionnaire.
Père Lardeur - Fondateur de l’école (1776–1863) Acheta les vestiges en 1825.

Origine et histoire

L’abbaye de Saint-Fuscien, située dans le village éponyme en Picardie, trouve ses origines à la fin du VIe siècle. Selon la tradition, la reine Frédégonde aurait fondé un premier monastère sur le lieu du martyre des saints Victoric et Fuscien. Détruit à plusieurs reprises lors des invasions normandes (859, 925), il resta en ruines pendant deux siècles avant d’être restauré en 1105 par Enguerrand de Boves, comte d’Amiens, et occupé par des moines bénédictins. L’abbaye fut mise en commende en 1533, marquant le début d’un déclin progressif, accentué par la réforme de Saint-Maur introduite en 1648.

Au XVIIe siècle, le logis abbatial (aujourd’hui appelé « château de Saint-Fuscien ») fut reconstruit en brique et pierre, tandis que les moines créèrent une école gratuite pour les enfants du village. L’abbaye, déjà affaiblie (passant de 17 moines en 1600 à 3 en 1700), fut supprimée lors de la Révolution en 1790. Vendue comme bien national, une partie de ses bâtiments fut démolie, privant le village de son église paroissiale jusqu’en 1820. Le site fut ensuite racheté en 1825 par la Congrégation des Frères de Saint Joseph pour y établir une école renommée sous le Second Empire.

Parmi les vestiges notables, le logis abbatial et un petit pavillon du XVIIIe siècle subsistent, protégés comme monuments historiques depuis 1988. L’abbaye était également réputée pour ses manuscrits médiévaux, dont un psautier du XIIIe siècle (conservé à Amiens) et un bréviaire des XIIIe–XIVe siècles, témoignant de son rayonnement culturel. Le maître-autel de l’église abbatiale, œuvre de Jean Veyren (fin XVIIIe), est aujourd’hui conservé dans l’église paroissiale actuelle.

La toponymie de l’abbaye reflète son histoire forestière, avec des noms latins comme Sancti-Fusciani-in-Nemore (« Saint-Fuscien-dans-la-forêt »), traduits en français par « Saint-Fuscien-aux-Bois ». Le site, marqué par des siècles de vie monastique, illustre les bouleversements religieux et politiques de la France, de sa fondation mérovingienne à sa disparition révolutionnaire.

Les manuscrits de Saint-Fuscien, comme le Psautier de Sanctus-Fuscianus-in-Nemore (XIIIe siècle), révèlent des pratiques liturgiques uniques, dont le respons Libera, domine, animas eorum, partagé avec seulement deux autres abbayes bénédictines (Vendôme et Nantes). Ces documents, associés à des offices honorant les saints locaux (Fuscien, Victoric, Gentien), soulignent le rôle spirituel et intellectuel de l’abbaye avant son déclin.

Liens externes