Frise chronologique
1731
Fondation de l’Académie royale de chirurgie
Fondation de l’Académie royale de chirurgie
1731 (≈ 1731)
Précurseur de l’Académie nationale de médecine.
1776
Création de la Société royale de médecine
Création de la Société royale de médecine
1776 (≈ 1776)
Intégrée à l’Académie en 1820.
1820
Fondation par Louis XVIII
Fondation par Louis XVIII
1820 (≈ 1820)
Fusion de trois sociétés savantes.
1899–1902
Construction de l’hôtel actuel
Construction de l’hôtel actuel
1899–1902 (≈ 1901)
Œuvre de l’architecte Justin Rochet.
1931
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1931 (≈ 1931)
Protection des façades et amphithéâtre.
1947
Devenue « nationale »
Devenue « nationale »
1947 (≈ 1947)
Changement de statut post-Seconde Guerre mondiale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Louis XVIII - Roi de France |
Fonda l’Académie royale de médecine en 1820. |
| Antoine Portal - Baron et médecin |
Initiateur de la fusion des trois sociétés. |
| Justin Rochet - Architecte |
Conçut l’hôtel de la rue Bonaparte (1899–1902). |
| Joseph-Ignace Guillotin - Médecin et député |
Fonda la Société de la faculté de médecine. |
Origine et histoire
L’Académie nationale de médecine trouve son origine dans la fusion, en 1820 sous Louis XVIII, de trois sociétés savantes : la Société royale de médecine (1776), l’Académie royale de chirurgie (1731) et la Société de la faculté de médecine. Initiée par le baron Antoine Portal, cette création visait à centraliser l’expertise médicale pour conseiller l’État sur les épidémies, la médecine légale ou les remèdes. Ses statuts, inspirés de ceux de l’Académie de chirurgie, lui confiaient aussi la conservation des archives des institutions fusionnées.
Entre 1820 et 1902, l’Académie occupa plusieurs lieux : la faculté de médecine de Paris, un local rue de Poitiers (1824–1850), puis la chapelle désaffectée de l’hôpital de la Charité (rue des Saints-Pères). Son siège actuel, un hôtel construit par l’architecte Justin Rochet entre 1899 et 1902, est situé rue Bonaparte dans le 6e arrondissement. Classé Monument Historique en 1931 pour ses façades, son portique et son amphithéâtre, le bâtiment abrite aussi une bibliothèque riche de 4 000 périodiques et 114 incunables.
L’institution, d’abord royale puis impériale (1851–1870), devint nationale en 1947. Ses missions, définies par l’ordonnance de 1820 et actualisées en 2013, incluent l’éclaircissement des politiques de santé publique, la promotion de la recherche médicale et la gestion de prix scientifiques (comme le Prix Jansen ou le Prix de l’Académie). Elle s’autosaisit aussi sur des questions d’éthique ou d’environnement, via des comités spécialisés (éthique, déontologie, santé numérique, etc.).
L’Académie compte 135 membres titulaires, 160 correspondants nationaux et 180 étrangers, répartis en quatre divisions (médecine, chirurgie, sciences biologiques, santé publique). Son financement mixe subventions étatiques et fonds propres, issus de legs ou dons. Malgré son prestige, elle a été critiquée pour des conflits d’intérêts (affaire du Mediator) ou des positions controversées, comme en 2019 sur la PMA ou en 2025 sur des propos eugénistes attribués à un de ses membres.
La bibliothèque, l’une des plus riches d’Europe en médecine, conserve aussi des archives depuis 1820 et un patrimoine artistique. Les éléments protégés du bâtiment (façades, amphithéâtre en rotonde) témoignent de son histoire, entre héritage des Lumières et modernité scientifique. Son statut actuel, proche de celui des académies de l’Institut de France, lui garantit une autonomie administrative et financière sous la protection du Président de la République.