Frise chronologique
1348
Création du cimetière
Création du cimetière
1348 (≈ 1348)
Fondation après la peste noire.
1526-1533
Construction des galeries
Construction des galeries
1526-1533 (≈ 1530)
Ouest (1526), nord (1529), est (1533).
1562
Dégâts aux sculptures
Dégâts aux sculptures
1562 (≈ 1562)
Guerres de Religion endommagent les colonnes.
1651
Ajout de la galerie sud
Ajout de la galerie sud
1651 (≈ 1651)
Legs du père Robert Duchesne.
1781
Fermeture du cimetière
Fermeture du cimetière
1781 (≈ 1781)
Déplacement au Mont-Gargan.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Première liste des monuments protégés.
2018-2022
Rénovation majeure
Rénovation majeure
2018-2022 (≈ 2020)
Budget de 14 millions d’euros.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Aître de Saint-Maclou : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Guillaume Rybert - Architecte |
Dirige la construction des galeries (1526). |
| Robert Duchesne - Bienfaiteur |
Finance la galerie sud (1651). |
| Pierre Daust - Architecte |
Conçoit la chapelle Saint-Michel (1658). |
| Jean-Baptiste de La Salle - Fondateur des Frères des Écoles chrétiennes |
École installée en 1705. |
| Fernand Guey - Conservateur |
Supervise l’installation du musée (1938). |
| Richard Duplat - Architecte en chef |
Dirige la rénovation (2018-2022). |
Origine et histoire
L'aître Saint-Maclou, situé à Rouen, est un ancien ossuaire datant du XIVe siècle, agrandi au XVIe siècle pour répondre aux besoins créés par les épidémies de peste. Son nom provient du terme aitre (cimetière en vieux français) et de la paroisse Saint-Maclou voisine. Le site, initialement un cimetière créé après la peste noire de 1348, est mentionné dès 1362. Face à une nouvelle épidémie au XVIe siècle, la paroisse décide d’aménager des galeries pour stocker les ossements exhumés, libérant ainsi de l’espace. Les travaux débutent en 1526 sous la direction de Guillaume Rybert, avec la construction des galeries ouest, nord et est, achevées entre 1529 et 1533. Les sculptures des colonnes, inspirées de la Renaissance, mêlent scènes bibliques et motifs macabres.
En 1562, les statuettes des colonnes sont endommagées pendant les guerres de Religion. La galerie sud, ajoutée seulement en 1651 grâce à un legs du père Robert Duchesne, abrite une école pour garçons pauvres. La chapelle Saint-Michel est érigée en 1658, et des écoles pour garçons (1661) et filles (1678) s’y installent. En 1705, les ossements des combles sont retirés, et les galeries sont rehaussées entre 1745 et 1749 pour créer un étage. Le cimetière, fermé en 1781 après une ordonnance royale, devient un atelier de filature en 1768, puis une fabrique d’armes sous la Terreur (1793).
Au XIXe siècle, le site connaît plusieurs affectations : musée d’art normand (1938), école des Beaux-Arts (à partir de 1940), puis pensionnat de jeunes filles en 1911. Classé monument historique dès 1862, l’aître est restauré entre 1999 et 2002, puis fait l’objet d’une rénovation majeure à partir de 2018, pour un coût de 14 millions d’euros, soutenue par la Région Normandie et l’État. Les fouilles archéologiques de 2016-2017 y révèlent de nombreux squelettes, témoignages de son passé funéraire.
Architecturalement, l’aître forme un quadrilatère de 32 mètres de large sur 48 de long, avec trois galeries en pans de bois sur soubassement de pierre (XVIe siècle) et une galerie sud plus sobre (XVIIe siècle). Les décors sculptés, typiques de la première Renaissance, représentent des danses macabres, des scènes bibliques (comme Adam et Ève) et des motifs floraux. Les sablières et potelets arborent des symboles macabres (crânes, tibias) et des outils de fossoyeur. La galerie ouest, ouverte, relie toujours la rue de Martainville à la rue Géricault.
L’aître Saint-Maclou illustre l’évolution des pratiques funéraires médiévales, marquées par les épidémies et les besoins d’espace. Son histoire reflète aussi les mutations urbaines de Rouen, passant d’un lieu sacré à un espace éducatif, industriel, puis culturel. Aujourd’hui, il reste un témoignage unique des ossuaires européens, où se mêlent art, histoire et mémoire collective.