Frise chronologique
vers 3380 av. J.-C.
Datation des alignements
Datation des alignements
vers 3380 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Charbons de bois analysés par radiocarbone.
1847
Première mention écrite
Première mention écrite
1847 (≈ 1847)
Ouvrage *Le Morbihan* de Cayot-Delandre.
1898
Description détaillée par A. Martin
Description détaillée par A. Martin
1898 (≈ 1898)
Recensement des menhirs et fouilles préliminaires.
1963
Prélèvement de blocs
Prélèvement de blocs
1963 (≈ 1963)
Menhirs utilisés pour décorer la sous-préfecture.
29 septembre 1967
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
29 septembre 1967 (≈ 1967)
Protection officielle des alignements.
1981
Fouille de sauvetage
Fouille de sauvetage
1981 (≈ 1981)
Menée par Yves Lecerf sur 14 menhirs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Alignements du Grand Resto et de Kersolan (cad. M 265, 317, 318) : classement par décret du 29 septembre 1967
Personnages clés
| Commandant A. Martin - Archéologue |
Premier descriptif détaillé en 1898. |
| Yves Lecerf - Archéologue |
Fouilles de sauvetage en 1981. |
| Pierre-Roland Giot - Archéologue |
Recensement des menhirs en 1967. |
| Saint Cornély - Figure légendaire |
Lien avec la légende des soldats pétrifiés. |
Origine et histoire
Les alignements du Grand Resto, aussi appelés soldats de saint Cornély ou alignements de Kersolan, sont trois rangées de menhirs situées à Languidic, dans le Morbihan. Ces structures mégalithiques, orientées nord-ouest/sud-est, comptent respectivement 29, 69 et 43 pierres. Leur disposition parallèle et leur datation vers 3380 av. J.-C. (grâce à des charbons de bois analysés) suggèrent une fonction rituelle ou commémorative liée aux sociétés néolithiques locales. Les fouilles ont révélé des fosses de calage remplies d’argile pour stabiliser les menhirs, ainsi que des artefacts comme des silex taillés et des tessons de poterie.
Le site est mentionné pour la première fois en 1847 par Cayot-Delandre, mais sa description détaillée revient au commandant A. Martin en 1898, qui recense alors 39, 71 et 5 menhirs pour chaque alignement. Martin note aussi la destruction partielle des pierres et fouille un tumulus voisin, y découvrant une hache en fibrolithe et des éclats de silex. En 1963, des blocs sont prélevés pour décorer la sous-préfecture de Lorient, avant que le site ne soit classé Monument Historique en 1967. Dans les années 1980, des habitants restaurent partiellement les alignements, et Yves Lecerf mène une fouille de sauvetage en 1981, confirmant l’ancrage des menhirs dans un mortier d’argile.
Selon une légende locale, partagée avec les alignements de Carnac, ces pierres seraient des soldats romains pétrifiés, venus arrêter saint Cornély, figure chrétienne associée à la région. Cette croyance illustre la réappropriation folklorique des sites préhistoriques par les communautés bretonnes. Les alignements, bien que fragmentaires, restent un témoignage majeur de l’architecture mégalithique armoricaine, marquée par des techniques de construction sophistiquées pour l’époque.
La protection du site en 1967 a permis de préserver une partie des menhirs, malgré les dégradations historiques. Les fouilles ont aussi révélé l’absence de structures funéraires directes sous les alignements, suggérant une vocation plutôt symbolique ou astronomique. Aujourd’hui, le Grand Resto offre un aperçu des pratiques collectives du Néolithique, où les paysages étaient modelés par des monuments pérennes, liés à des croyances ou à l’organisation sociale.