Frise chronologique
Vers 4000 av. J.-C.
Construction originale
Construction originale
Vers 4000 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Érection des menhirs et cromlech
1825
Première mention écrite
Première mention écrite
1825 (≈ 1825)
Mahé décrit le tertre trapézoïdal
1867-1868
Relevés de Lukis et Dryden
Relevés de Lukis et Dryden
1867-1868 (≈ 1868)
Plans et constat de déplacements
1882
Description de Closmadeuc
Description de Closmadeuc
1882 (≈ 1882)
Menhirs jusqu’à la mer
1889
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1889 (≈ 1889)
Protection par l’État
2006-2009
Campagnes océanographiques
Campagnes océanographiques
2006-2009 (≈ 2008)
Découverte de 150 monolithes sous-marins
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Alignements de Saint-Pierre (cad. AM 457) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Mahé - Premier descriptif connu |
Mentionne le tertre en 1825 |
| Lukis et Dryden - Archéologues |
Relevés et plans en 1867-1868 |
| G. de Closmadeuc - Historien local |
Décrit les menhirs en 1882 |
| Abbé Lavenot - Chroniqueur |
Témoignage sur le site en 1888 |
| F. Gaillard - Restaurateur du site |
Intervention fin XIXe siècle |
| Zacharie Le Rouzic - Archéologue |
Étudie les vestiges submergés |
Origine et histoire
Les alignements de Kerbourgnec, aussi appelés alignements du Moulin ou de Saint-Pierre, forment un complexe mégalithique néolithique situé à Saint-Pierre-Quiberon (Morbihan). Ce site, partiellement submergé, aurait pu rivaliser avec les alignements de Carnac par son étendue et son importance. Il comprend plusieurs rangées de menhirs et un cromlech, dont certains vestiges s’étendent jusqu’en mer, visibles uniquement à marée basse.
La première mention écrite du site remonte à 1825 par Mahé, qui évoque un tertre trapézoïdal aujourd’hui disparu. En 1867-1868, Lukis et Dryden réalisent des relevés précis, notant déjà le déplacement des pierres par les paysans locaux. G. de Closmadeuc (1882) et l’abbé Lavenot (1888) décrivent des menhirs s’étendant jusqu’à la côte, certains engagés dans les talus ou submergés, formant des récifs visibles à marée basse.
À la fin du XIXe siècle, l’État acquiert le site du Moulin et le restaure sous la direction de F. Gaillard. Classé monument historique en 1889, le complexe est modifié lors de cette restauration, mais son prolongement maritime reste documenté. Zacharie Le Rouzic observe plus tard des blocs submergés à l’est, suggérant un cromlech englouti. Les alignements actuels, composés de cinq files de 23 menhirs, résultent de cette intervention.
Des campagnes océanographiques (2006-2009) révèlent 150 monolithes sous-marins, disposés en files parallèles, confirmant l’extension originale du site sur près de 900 m. Ces pierres, érigées vers le Ve millénaire av. J.-C., étaient initialement à l’air libre avant d’être submergées par la montée des eaux lors de la transgression holocène. Leur orientation suit un axe de 108°N, soulignant une planification architecturale complexe.
Le cromlech, situé à 150 m au sud-ouest des alignements, compte quarante pierres et s’ouvre à l’est. Aucune relation directe avec les alignements n’a été établie par les recherches archéologiques. Les menhirs visibles aujourd’hui, de hauteurs variables (1,10 m à plus de 2 m), incluent des dalles et un talus nord-ouest. Le site, bien que fragmenté, témoigne d’un ensemble mégalithique majeur, comparable à Carnac.
Les descriptions historiques insistent sur la dégradation progressive du site, due à l’érosion marine et aux activités humaines. Les paysans ont déplacé ou détruit des menhirs, tandis que la mer a englouti une partie des structures. Malgré ces pertes, les vestiges subsistants et les découvertes sous-marines confirment l’importance culturelle et architecturale de Kerbourgnec durant le Néolithique.