Frise chronologique
Néolithique moyen
Construction du monument
Construction du monument
Néolithique moyen (≈ 4100 av. J.-C.)
Érection de l’allée couverte et premières inhumations.
1875
Première mention cartographique
Première mention cartographique
1875 (≈ 1875)
Représenté comme *tumulus* sur une carte de la Gironde.
1904
Fouilles du docteur Jeanty
Fouilles du docteur Jeanty
1904 (≈ 1904)
Découverte d’ossements et d’artefacts (perles, pointes de flèches).
1987–1991
Fouilles programmées
Fouilles programmées
1987–1991 (≈ 1989)
2000 dents et 50 000 fragments osseux exhumés.
28 novembre 1989
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
28 novembre 1989 (≈ 1989)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Docteur Jeanty - Propriétaire et fouilleur (1904) |
Dirigea les premières fouilles officielles du site. |
| J. B. Gassies - Directeur du musée Préhistorique de Bordeaux |
Mentionna le dolmen en 1875 sous le nom *Bois Charnier*. |
| François Daleau - Historien local (1876) |
Précisa la localisation près de Potensac (Ordonnac). |
| Abbé J. Labrie - Auteur du compte-rendu des fouilles (1907) |
Documenta les découvertes du docteur Jeanty. |
| L. Manouvrier - Anthropologue |
Étudia 19 individus parmi 80 inhumations estimées. |
| Marc Devignes - Archéologue |
Analysa l’architecture comme *allée d’Aquitaine* (années 1980–1990). |
Origine et histoire
L’allée couverte de Barbehère, située à Saint-Germain-d'Esteuil en Gironde (Nouvelle-Aquitaine), est un monument mégalithique érigé au Néolithique moyen, mais réutilisé jusqu’au Chalcolithique par diverses cultures (Matignons, Artenaciens, Peu-Richardiens, Campaniformes). Son architecture, caractéristique des allées d’Aquitaine, se distingue par un tumulus oblong de 20 m de long, une chambre funéraire compartimentée par deux dalles symétriques, et un vestibule étroit. Les fouilles ont révélé des ossements de près de 80 individus, des outils en silex, des perles en calcaire, et des tessons de poteries datant de plusieurs époques, attestant d’une occupation prolongée.
Le site est mentionné dès 1875 sur une carte de la Gironde comme un tumulus, puis identifié comme un dolmen violé, où des squelettes humains furent découverts. Une controverse au début du XXe siècle opposa les historiens sur l’existence d’un ou deux dolmens proches (Barbehère et Bois Charnier), avant que les fouilles ne confirment l’unicité du monument. En 1904, le docteur Jeanty entreprit les premières fouilles officielles, exhumant ossements et artefacts (pointes de flèches, perles, poteries campaniformes), bien que la plupart des vestiges aient depuis été perdus.
Une fouille de sauvetage en 1987, suivie d’une campagne programmée (1988–1991), permit d’étudier plus de 2000 dents et 50 000 fragments osseux, ainsi qu’un mobilier abondant : céramiques néolithiques et protohistoriques, outils en silex (armatures, grattoirs), et éléments de parure (perles en calcaire, dentales, tortillons en or du Chalcolithique). Ces découvertes confirmèrent la réutilisation multiculturelle du site, bien que l’absence de charbons de bois ait empêché toute datation au carbone 14. Le monument fut inscrit aux Monuments Historiques en 1989.
L’architecture de Barbehère se singularise par sa chambre funéraire trapézoïdale précédée d’un vestibule, et par l’absence de traces de tables de couverture (détruites ou remplacées par des poutres en bois). Les orthostates du chevet, régularisés par bouchardage, pourraient avoir été ornés d’ocre rouge, une pratique rare en Aquitaine mais attestée dans la péninsule ibérique. Toutes les dalles, en calcaire local extrait à 500 m du site, soulignent l’adaptation des bâtisseurs aux ressources environnementales.
Le monument illustre les pratiques funéraires collectives du Néolithique, avec des inhumations successives et un mobilier reflétant des échanges culturels (silex, or, poteries campaniformes). Sa découverte fortuite d’une hache en pierre polie à l’entrée au début du XXe siècle, ainsi que les fouilles ultérieures, ont révélé un site majeur pour comprendre les transitions entre Néolithique et Âge des Métaux en Aquitaine. Aujourd’hui, il reste le seul dolmen en état du Médoc, préservant des vestiges uniques de cette époque.