Origine et histoire de l'allée couverte
L'allée couverte de Ty-ar-c'horriket, aussi appelée allée couverte de Kerbannalec ou Kerbalannec, se situe au lieu-dit Kerbalannec Vraz à Beuzec-Cap-Sizun (Finistère). Classée au titre des monuments historiques par arrêté du 10 janvier 1924, elle constitue un ancien lieu de sépulture néolithique. Fouillée en 1879 par Paul du Châtellier, la chambre présentait un remplissage s'élevant jusqu'à 0,40 m sous les tables, constitué d'argile, de cendres et de nombreux charbons de bois. L'opération a permis la découverte d'un mobilier lithique et céramique : éclats et lames de silex, grattoirs, une hache polie en dolérite de type A, un fragment d'herminette en fibrolithe, une fusaïole et trois pendeloques en pierre perforées. La céramique comprend trois vases à fond rond, une jatte à fond plat, deux vases du type « pot-de-fleur » attribués à la culture Seine-Oise-Marne et des tessons correspondant à au moins trois vases campaniformes. Orientée sud-sud-est / nord-nord-ouest, l'allée mesure environ 11 mètres de longueur ; sa largeur varie de 1,90 m à l'entrée, 2,20 m au milieu et 1,50 m au fond, et la hauteur sous dalle atteint en moyenne 1,90 m. Elle est délimitée par huit orthostates de chaque côté et un orthostate à chaque extrémité, qui portent cinq tables de couverture ; la plus grande table mesure 2,75 m sur 2,80 m pour une épaisseur moyenne de 0,60 m. L'entrée est barrée par une dalle transversale laissant un passage d'à peine 0,50 m et est précédée d'un court vestibule. À 1,30 m des montants de la paroi occidentale se trouve une ligne parallèle de douze blocs émergeant de 0,40 m, correspondant probablement à un péristalithe destiné à contenir le tertre. Paul du Châtellier signalait que l'allée « serait complète aujourd’hui sans la disparition de la table qui recouvrait son extrémité sud » et qu'elle était « noyée dans une sorte de tumulus ou tertre artificiel duquel émergent seulement les tables et les extrémités des piliers qui les portent ». Les piliers du côté est, le long du chemin, sont aujourd'hui dégagés. L'appellation Ty Ar C’horriket, « maison des Korrigans », apparaît dès le début du XXe siècle sur des cartes postales anciennes, sous des variantes telles que « ty ar Chourriquet, Maison des Nains, Allée des Korrigans ».