Frise chronologique
Néolithique
Construction de l'allée couverte
Construction de l'allée couverte
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période de construction estimée du monument.
1874
Première description par Le Men
Première description par Le Men
1874 (≈ 1874)
Mention écrite du monument, déjà endommagé.
1882
Fouilles par Paul du Châtellier
Fouilles par Paul du Châtellier
1882 (≈ 1882)
Découverte d’une urne cinéraire et de pièces romaines.
20 février 1996
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
20 février 1996 (≈ 1996)
Protection légale du site et de son environnement.
Début XXe siècle
Disparition de l’alignement mégalithique
Disparition de l’alignement mégalithique
Début XXe siècle (≈ 2004)
Alignement adjacent de 42 m aujourd’hui disparu.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Allée couverte, ainsi qu'une bande de terrain (sol et sous-sol) de 10 mètres autour du monument (cad. AD 69, 70) : inscription par arrêté du 20 février 1996
Personnages clés
| René-François Le Men - Archéologue et historien |
Premier à décrire le monument en 1874. |
| Paul du Châtellier - Archéologue |
A fouillé le site en 1882. |
Origine et histoire
L’allée couverte de Kergoustance, située à Moëlan-sur-Mer dans le Finistère, est un monument funéraire daté du Néolithique. Elle illustre l’architecture mégalithique tardive de la région, avec une structure en deux parties : une chambre principale à piliers droits et une cellule terminale triangulaire, caractéristique des sépultures armoricaines. Les dalles, en granite rose local, sont disposées en sept tables de couverture soutenues par seize orthostates, bien que deux d’entre elles manquent aujourd’hui. L’orientation nord-est/sud-ouest et la pente des tables vers le sud-est suggèrent une conception deliberate, peut-être liée à des considérations symboliques ou astronomiques.
Le monument est mentionné pour la première fois en 1874 par René-François Le Men, déjà endommagé à cette époque. Paul du Châtellier entreprend des fouilles en 1882, ne découvrant qu’une urne cinéraire gallo-romaine et des pièces de bronze romaines, indiquant une réutilisation postérieure à sa construction. Ces fouilles révèlent aussi l’existence, jusqu’au début du XXe siècle, d’un alignement mégalithique adjacent de 42 m, aujourd’hui disparu. L’allée est classée monument historique en 1996, protégeant à la fois la structure et un périmètre de 10 mètres autour.
Selon la tradition locale, le site était associé aux korrigans, créatures folkloriques bretonnes réputées pour attirer les passants — notamment les personnes âgées ou les hommes se rendant au moulin voisin — afin de les faire danser toute la nuit autour du monument. Cette légende reflète l’importance culturelle des mégalithes dans l’imaginaire breton, souvent liés à des récits surnaturels ou à des pratiques rituelles oubliées.
Architecturalement, l’allée de Kergoustance se distingue par sa structure arc-boutée dans la partie occidentale, une variante rare typique de la Bretagne méridionale. La cellule terminale indépendante, séparée de la chambre principale, constitue un trait armoricain marqué. Les dégradations observées, comme l’inclinaison des dalles ou les dommages causés par la croissance d’arbres à l’intérieur, témoignent des altérations subies au fil des siècles, malgré son inscription tardive au titre des monuments historiques.
Les sources historiques, notamment les travaux de Le Men (1876) et du Châtellier (1907), soulignent son intérêt archéologique, bien que les fouilles n’aient livré que peu d’objets. L’urne gallo-romaine suggère une occupation ou une réappropriation du site bien après le Néolithique, tandis que les pièces romaines pourraient indiquer une fréquentation sporadique. Aujourd’hui, le monument reste un exemple emblématique du patrimoine mégalithique finistérien, protégé et étudié pour sa valeur patrimoniale et symbolique.