Frise chronologique
Néolithique final
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique final (≈ 2770 av. J.-C.)
Période d'édification et d'utilisation funéraire.
1877
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1877 (≈ 1877)
Découvertes par Paul du Châtellier, poteries typiques.
8 avril 1922
Classement monument historique
Classement monument historique
8 avril 1922 (≈ 1922)
Protection officielle du site par arrêté.
1938
Restauration du dolmen
Restauration du dolmen
1938 (≈ 1938)
Travaux menés par le Groupe finistérien d’études préhistoriques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Allée de Kerugon et bande de terrain de 2 m de largeur autour (cad. A2 200) : classement par arrêté du 8 avril 1922
Personnages clés
| Paul du Châtellier - Archéologue |
Fouilles de 1877, découverte des poteries. |
| L'Helgouach - Préhistorien |
Analyse architecturale du monument. |
Origine et histoire
Le dolmen de Kerugon, aussi appelé allée couverte de Kerugon, est un monument mégalithique situé sur la commune de Plomeur, dans le Finistère (Bretagne). Daté du Néolithique final, il se distingue par son architecture hybride, combinant les caractéristiques d’un dolmen à couloir et celles d’une allée couverte. Le site est inclus dans un tumulus de 30 mètres de diamètre et 2,50 mètres de hauteur, avec une chambre funéraire rectangulaire divisée en trois compartiments de tailles similaires. Cette structure suggère une transition vers les allées couvertes, où les cellules latérales deviennent aussi importantes que la chambre principale.
Les fouilles menées en 1877 par Paul du Châtellier ont révélé un mobilier archéologique riche : outils lithiques (haches polies en dolérite et fibrolithe, éclats de silex), éléments de parure (pendeloques en fibrolithe), et surtout des céramiques de trois types distincts. Parmi ces poteries, les écuelles à fond rond et les vases à fond plat, décorés de fines moulures verticales, ont permis de définir un style céramique spécifique au Néolithique final breton, baptisé « type de Kerugou ». Leur homogénéité stylistique suggère une production locale dans un même atelier.
Classé au titre des monuments historiques par arrêté du 8 avril 1922, le dolmen a bénéficié d’une restauration en 1938 par le Groupe finistérien d’études préhistoriques. Le couloir d’accès, long de 6 mètres, mène à une chambre dont l’entrée est marquée par un seuil en pierre. Le sol, recouvert de grandes dalles minces posées sur un lit de galets et de terre jaune, témoigne de techniques de construction sophistiquées pour l’époque. Selon les analyses de L’Helgouach, ce monument illustre une étape clé dans l’évolution des pratiques funéraires néolithiques en Bretagne.
Les découvertes archéologiques de Kerugon ont contribué à une meilleure compréhension des sociétés du Néolithique final en Bretagne. Les haches polies et les parures en fibrolithe indiquent des échanges ou des savoir-faire locaux avancés, tandis que la diversité des poteries reflète une complexité culturelle croissante. Le site, bien que partiellement restauré, reste un témoignage majeur des traditions funéraires et artisanales de cette période charnière entre le Néolithique et l’âge des métaux.