Origine et histoire de l'allée couverte
L’allée couverte de l’Île-Grande, aussi appelée Ty-Lia ou Ty-ar-C'horrandoned, est un monument mégalithique situé au centre de l’île, sur la commune de Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor, Bretagne). Classée aux monuments historiques depuis le 23 janvier 1956, elle date du Néolithique et se compose d’une chambre funéraire orientée est-ouest, longue de 8,50 m et large de 1,60 m. Ses parois, formées de quatre orthostates au nord et cinq au sud (hauteur : 1 m à 1,40 m), sont recouvertes de deux dalles massives. Un vestibule, aujourd’hui disparu, prolongeait autrefois l’entrée.
Les fouilles menées en 1866, 1868, 1909 et 1910 ont révélé un mobilier archéologique aujourd’hui perdu : quatre haches polies, des éclats de silex, des tessons de poterie noire, un disque en bronze et un objet en fer. Ces artefacts suggèrent une utilisation funéraire et rituelle sur plusieurs siècles. Les hautes dalles entourant le monument pourraient être les vestiges d’un péristalithe (structure de soutien du tumulus) ou d’un système interne pour répartir les poussées de terre.
Selon la légende locale, cette allée serait la demeure des naines C'horrandoned. Lors des nuits de pleine lune, elles dansaient avec les passants et prédisaient l’avenir des femmes enceintes. Si le temps empêchait la danse, elles contraignaient les visiteurs à réciter les jours de la semaine — sous peine de disparition s’ils prononçaient dimanche. Ce folklore illustre l’importance symbolique des mégalithes dans les croyances bretonnes pré-chrétiennes.
Constituée de granite local, l’allée est proche de l’ancienne carrière Rohic. Son état actuel ne permet plus d’observer le vestibule décrit par l’archéologue Jean L’Helgouach en 1965. Les deux tables de couverture, d’épaisseurs variables (0,25 m à 0,50 m), protègent une structure dont la fonction exacte (sépulture collective, lieu de culte) reste partiellement énigmatique, faute d’archives complètes sur les fouilles.
Le site est accessible sur l’Île-Grande, à l’adresse approximative 10 Rue du Dolmen, Pleumeur-Bodou. Son classement en 1956 souligne son intérêt patrimonial, tant pour l’étude du Néolithique armoricain que pour la préservation des récits mythologiques bretons. Les sources historiques proviennent principalement des travaux d’Étienne Patte (1918) et des relevés de l’Institut Culturel de Bretagne (1991).