Frise chronologique
Néolithique final
Construction du monument
Construction du monument
Néolithique final (≈ 2770 av. J.-C.)
Période d'édification estimée
Juillet 1881
Première fouille par Abgrall
Première fouille par Abgrall
Juillet 1881 (≈ 1881)
Découverte d’une urne gallo-romaine
1884
Première demande de classement
Première demande de classement
1884 (≈ 1884)
Initiée par Paul du Châtellier
Août 1891
Seconde fouille (Abgrall & du Châtellier)
Seconde fouille (Abgrall & du Châtellier)
Août 1891 (≈ 1891)
Artéfacts campaniformes et outils néolithiques
18 mars 1922
Classement monument historique
Classement monument historique
18 mars 1922 (≈ 1922)
Sur intervention d’Alfred Devoir
Années 1970
Acquisition par l’État
Acquisition par l’État
Années 1970 (≈ 1970)
Protection définitive du site
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Allée couverte de Lesconil dite Ty-arc'horriquet et bande de terrain de 2 m de largeur autour (cad. ZM 105, 107) : classement par arrêté du 18 mars 1922
Personnages clés
| Jean-Marie Abgrall - Abbé et archéologue |
Premières fouilles (1881, 1891) |
| Paul du Châtellier - Archéologue |
Fouilles et demande de classement (1884) |
| Alfred Devoir - Commandant |
A contribué au classement (1922) |
| Louis Capitan - Préhistorien |
Soutien au classement (1922) |
| Georges Guénin - Folkloriste |
Recueil des légendes (1936) |
Origine et histoire
L’allée couverte de Lesconil, aussi appelée Ti-ar-c’horriquet (« maison des korrigans » en breton), est un site mégalithique édifié durant le Néolithique final sur la commune de Poullan-sur-Mer (Finistère). Ce monument se distingue par sa structure arc-boutée : ses 18 orthostates (dalles verticales) sont inclinés les uns vers les autres, se rejoignant au sommet sans dalle horizontale. L’ensemble, long de 12,50 m et large de 2,15 m, était à l’origine recouvert d’un cairn et entouré d’un péristalithe de 27 pierres, formant un tumulus ovale. Les dalles, en granodiorite, proviennent probablement des alentours, le site étant situé à 78 m d’altitude, près d’un point culminant.
La première mention écrite du monument revient à M. Halleguen, mais c’est l’abbé Jean-Marie Abgrall qui en réalise la première fouille en juillet 1881, découvrant une urne gallo-romaine contenant des restes incinérés. Une seconde campagne, menée en août 1891 par Abgrall et Paul du Châtellier, révèle des artefacts du Campaniforme (vases, hache en diorite, pointe de flèche en schiste) ainsi qu’une pierre à concasser le blé. Du Châtellier, qui demande dès 1884 un classement au titre des monuments historiques, obtient gain de cause seulement en 1922, grâce à l’intervention d’Alfred Devoir et Louis Capitan. L’État acquiert finalement le site dans les années 1970.
Selon le folklore local, les korrigans (lutins bretons) utiliseraient les dalles de l’allée pour jouer aux palets, expliquant la dispersion de pierres aux alentours. Cette légende, rapportée par Georges Guénin en 1936, reflète l’imaginaire associé aux mégalithes en Bretagne. Les fouilles ont par ailleurs suggéré que l’entrée, initialement comblée de pierrailles, pourrait résulter d’un épierrement ultérieur des champs voisins, comme l’a supposé du Châtellier.
L’allée couverte de Lesconil illustre les pratiques funéraires et rituelles du Néolithique final, avec une réutilisation partielle à l’époque gallo-romaine (urne incinérée). Son architecture unique, combinée à son contexte archéologique riche (outils, céramiques), en fait un témoin majeur du mégalithisme armoricain. Classée monument historique en 1922, elle reste un site emblématique du patrimoine préhistorique breton.