Frise chronologique
Néolithique
Construction de l’allée couverte
Construction de l’allée couverte
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période de construction du monument mégalithique.
1835
Première description écrite
Première description écrite
1835 (≈ 1835)
Mention par le Chevalier de Fréminville.
1875
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1875 (≈ 1875)
Menées par V. de Montifault, découverte de poteries.
30 janvier 1964
Classement monument historique
Classement monument historique
30 janvier 1964 (≈ 1964)
Protection officielle par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Allée couverte, dite Ty Corriganet, de Coat Menez Guen (cad. E 227) : classement par arrêté du 30 janvier 1964
Personnages clés
| Chevalier de Fréminville - Premier descriptif connu |
Auteur de la mention écrite en 1835. |
| V. de Montifault - Fouilles de 1875 |
Archéologue ayant exhumé des poteries. |
Origine et histoire
L’allée couverte de Loc'h ar Pont, aussi appelée Ty Corriganet ou allée couverte de Coat Menez Guen, est un monument mégalithique situé à Melgven, dans le Finistère. Ce site du Néolithique se distingue par sa structure en arc-boutant, ses dalles massives (dont une de 20 tonnes) et son orientation nord-ouest/sud-est. À l’origine recouverte par un tumulus ovale de 35 m de long, l’allée mesure 14 m et est délimitée par douze orthostates en migmatite locale. Deux de ses dalles de couverture portent des cupules, interprétées comme des traces de korrigans dans le folklore breton.
La première mention écrite du monument remonte à 1835, grâce au Chevalier de Fréminville. En 1875, V. de Montifault mène des fouilles qui révèlent des tessons de poteries datés du Campaniforme : une céramique noire grossière et une autre rougeâtre décorée de motifs parallèles. Ces découvertes suggèrent une réutilisation ou une occupation postérieure au Néolithique. Le site est classé monument historique le 30 janvier 1964, protégeant ainsi son intégrité architecturale et archéologique.
Le folklore local associe l’allée couverte aux korrigans, créatures mythiques bretonnes. Le nom Ty Corriganet signifie d’ailleurs « la maison des korrigans », et les cupules sur les dalles seraient, selon la légende, des empreintes de leurs doigts. Ces récits illustrent l’importance symbolique des mégalithes dans la culture bretonne, où monuments préhistoriques et croyances populaires s’entremêlent. Les cupules, au nombre de 19 et 28 sur deux dalles, présentent des tailles variables (30 à 110 mm de diamètre), sans organisation apparente.
Architecturalement, l’allée se caractérise par un système de couverture complexe : trois dalles massives reposent partiellement sur les orthostates en arc-boutant et sur le tumulus, bien que la chambre soit déjà recouverte par les pierres latérales. La plus grande dalle, pesant 20 tonnes, mesure 5,50 m de long. Le sol de la chambre comportait des dalles posées sur un lit de moellons et d’argile jaune, tandis que des contreforts en galets de quartz (provenant d’une rivière voisine) renforçaient le tumulus. Ces détails techniques témoignent du savoir-faire des bâtisseurs néolithiques.