Frise chronologique
Dernier quart du XIXe siècle
Destruction des menhirs
Destruction des menhirs
Dernier quart du XIXe siècle (≈ 1865)
Débitage pour le phare de Belle-Île.
Vers 1868
Premières fouilles
Premières fouilles
Vers 1868 (≈ 1868)
Fouilles rapides par les vicaires de Ploemel et Crach.
Janvier 1898
Fouilles de Le Rouzic
Fouilles de Le Rouzic
Janvier 1898 (≈ 1898)
Dégagement complet de l’allée couverte sous le tumulus.
10 octobre 1938
Classement MH
Classement MH
10 octobre 1938 (≈ 1938)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Allée couverte coudée avec la base de son tumulus circulaire (cad. G 799) : classement par arrêté du 10 octobre 1938
Personnages clés
| Zacharie Le Rouzic - Archéologue |
Fouilla le site en 1898, découvrit les gravures. |
| Vicaires de Ploemel et Crach - Premiers fouilleurs |
Fouilles vers 1868, mentionnées par Miln. |
Origine et histoire
L’allée couverte de Luffang Tal-er-Roch, située à Crach dans le Morbihan, est un monument funéraire daté du Néolithique. Découverte sous un tumulus circulaire de 46 m de diamètre aujourd’hui disparu, elle fut partiellement détruite au XIXe siècle par des carriers qui débitèrent ses dalles et deux menhirs voisins (dont Er soudard-cam, haut de 4 m) pour construire un phare à Belle-Île. Le site, fouillé en 1868 par des vicaires locaux puis en 1898 par Zacharie Le Rouzic, révéla des poteries, des outils en silex et des parures en bronze, témoignant de pratiques funéraires complexes.
L’allée, longue de 22 m et large d’1,20 m, présente un coude à 45° après 7 m, orientant son tracé vers le nord-ouest. Parmi ses dix-neuf orthostates conservés (hauts de 1 à 1,90 m), trois portent des gravures, dont une représentation exceptionnelle de poulpe (0,95 m de haut) sur le troisième support gauche. Le sol, partiellement dallé, était incliné et perturbé par les pillages antérieurs. Les fouilles de Le Rouzic confirmèrent la vocation sépulcrale du site, avec des charbons, des éclats de silex et des vases ornés parmi les vestiges.
Classée monument historique le 10 octobre 1938, l’allée couverte illustre l’architecture mégalithique bretonne et les risques de destruction patrimoniale aux XIXe et XXe siècles. Les menhirs disparus, associés à des légendes locales (« le soldat boiteux » et « sa femme »), soulignent l’importance symbolique du site avant son démantèlement partiel. Les objets découverts (haches polies, flèches en silex, bracelets en if) sont aujourd’hui des références pour l’étude du Néolithique armoricain.