Origine et histoire de l'allée couverte
L’allée couverte de Mauny est une sépulture collective datée du Néolithique, située à Mauny, en Seine-Maritime (Normandie). Unique en son genre dans le département, elle a été découverte en 1970 dans un état quasi intact, à la lisière de la forêt de Mauny, dans un vallon ouvrant sur la vallée de la Seine. Le monument, de forme rectangulaire (7,50 m de long pour 1 m de large), était composé de deux rangées d’orthostates, dont sept subsistent partiellement aujourd’hui. Une dalle percée séparait le vestibule de la chambre funéraire, révélée lors des fouilles menées entre 1978 et 1980.
Le site se distingue par l’exceptionnelle conservation de ses vestiges osseux, avec plus de 115 individus inhumés, dont plusieurs crânes présentant des traces de trépanation – une rareté en Normandie. Les conditions chimiques du sol ont permis cette préservation, ainsi que celle de 122 perles en pierre, os, coquillage ou ambre, principalement des perles discoïdes en coquille. Bien que le mobilier archéologique associé soit pauvre, l’étude stratigraphique a offert un éclairage unique sur les pratiques funéraires néolithiques dans la région.
L’allée couverte a été inscrite aux monuments historiques le 24 février 1998, reconnaissant son importance patrimoniale. Malgré des dégradations partielles (effondrements de supports, impact du creusement d’un chemin adjacent), le site reste un témoignage majeur du mégalithisme normand, notamment grâce à son architecture préservée et à son contexte funéraire intact depuis la fin du Néolithique.
Les fouilles ont également révélé des aménagements internes, comme la séparation entre vestibule et chambre, ainsi que des indices sur l’organisation spatiale des dépouilles. L’un des crânes trépanés conservait même sa rondelle osseuse, soulignant l’importance médicale ou rituelle de ces pratiques. Aujourd’hui, le monument pourrait bénéficier d’une restauration pour préserver ce patrimoine fragile.
La localisation précise du site (parcelle 196, rue des Méandres à Mauny) et son cadre forestier en font un lieu à la fois scientifique et paysager. Son isolement relatif jusqu’à sa découverte a contribué à son état de conservation remarquable, offrant aux archéologues une fenêtre rare sur les communautés néolithiques de la vallée de la Seine.
Enfin, l’allée couverte de Mauny s’inscrit dans un réseau plus large de sites mégalithiques normands, bien que sa singularité en Seine-Maritime en fasse un cas d’étude privilégié. Les objets de parure découverts, bien que modestes en quantité, illustrent les échanges et savoir-faire artisanaux de l’époque, notamment l’utilisation de l’ambre et des coquillages.