Frise chronologique
Néolithique
Construction du monument
Construction du monument
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période de construction estimée
1890
Première description détaillée
Première description détaillée
1890 (≈ 1890)
Par Jean-Marie Rigaud
1911
Signalement des dolmens adjacents
Signalement des dolmens adjacents
1911 (≈ 1911)
Par le commandant Martin
septembre 1956
Fouilles archéologiques majeures
Fouilles archéologiques majeures
septembre 1956 (≈ 1956)
Dirigées par Giot, Briard et L’Helgouach
23 janvier 1957
Classement monument historique
Classement monument historique
23 janvier 1957 (≈ 1957)
Arrêté de protection officiel
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Allée couverte de Men-ar-Rumpet (cad. A 508) : classement par arrêté du 23 janvier 1957
Personnages clés
| Jean-Marie Rigaud - Historien local |
A décrit le monument en 1890 |
| Commandant Martin - Observateur archéologique |
Signala les dolmens en 1911 |
| Pierre-Roland Giot - Archéologue, fouilleur |
Dirigea les fouilles de 1956 |
| Jacques Briard - Archéologue, fouilleur |
Cofouilla le site en 1956 |
| Jean L’Helgouach - Archéologue, fouilleur |
Participa aux fouilles de 1956 |
Origine et histoire
L’allée couverte de Men-ar-Rumpet (aussi appelée Men-ar-Romped ou Enez-Yar) est un monument mégalithique situé à Kerbors, dans les Côtes-d’Armor, en région Bretagne. Daté du Néolithique, ce site se trouve à 16 mètres d’altitude, à proximité immédiate de la côte nord bretonne, au bord de l’estuaire du Jaudy. Son architecture, composée de sept orthostates au nord, cinq au sud et quatre tables de couverture en granite de Perros, en fait un exemple caractéristique des sépultures collectives de cette époque. Une dalle supplémentaire dans le talus ouest suggère une cinquième table originelle, tandis que l’intérieur, divisé en vestibule et chambre funéraire, révèle un sol partiellement pavé et des traces de couches archéologiques superposées (limon et argile).
Classée monument historique en 1957, l’allée a été fouillée en 1956 par une équipe dirigée par Pierre-Roland Giot, Jacques Briard et Jean L’Helgouach. Ces fouilles ont mis au jour une exceptionnelle collection de 41 vases, dont 24 campaniformes (10 décorés), accompagnés de fusaïoles, d’un brassard d’archer en schiste, et d’outils en silex. La diversité des poteries — certaines fines et lustrées, d’autres grossières — et la présence d’un fragment de hache en bronze attestent d’une occupation s’étendant du Néolithique au Chalcolithique. Ces artefacts, d’une « richesse scientifique considérable », suggèrent des influences locales et des échanges culturels dans l’Ouest de la France.
Le site s’inscrit dans un paysage mégalithique plus large : deux dolmens adjacents, aujourd’hui disparus, étaient signalés en 1911 par le commandant Martin, dont l’un présentait une chambre circulaire à couverture en encorbellement. Les vestiges visibles aujourd’hui pourraient correspondre aux dalles dispersées près de l’allée. À l’origine, le monument mesurait environ 8 mètres de long pour 1,20 à 1,50 m de largeur interne, avec une orientation nord-est (azimut 60°). Son état actuel, partiellement enfoui dans un talus, reflète à la fois son ancienneté et les altérations subies au fil des siècles, tout en conservant des éléments structuraux intacts comme la dalle de chevet ou les orthostats inclinés.
L’allée couverte de Men-ar-Rumpet illustre les pratiques funéraires néolithiques en Bretagne, où les sépultures collectives servaient de lieux de dépôt pour les défunts et leurs offrandes. La découverte de vases campaniformes, souvent associés à des rituels liés à la consommation de boissons, renforce l’hypothèse d’un usage cérémoniel prolongé. Le site, bien que modeste par sa taille (la plus petite allée bretonne selon les fouilleurs), offre un témoignage précieux des techniques de construction mégalithique et des réseaux culturels de l’époque. Son classement au titre des monuments historiques souligne son importance patrimoniale, tant pour l’archéologie que pour la compréhension des sociétés préhistoriques de la façade atlantique.