Frise chronologique
Néolithique final
Construction du monument
Construction du monument
Néolithique final (≈ 2770 av. J.-C.)
Période de construction estimée d’après le mobilier.
1896
Première description par Paul du Châtellier
Première description par Paul du Châtellier
1896 (≈ 1896)
Observation des trois rangées de pierres.
1912
Étude d’Alfred Devoir
Étude d’Alfred Devoir
1912 (≈ 1912)
Interprétation comme dolmen à galerie.
19 février 1960
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
19 février 1960 (≈ 1960)
Protection officielle du site.
1983-1984
Fouilles dirigées par Yannick Lecerf
Fouilles dirigées par Yannick Lecerf
1983-1984 (≈ 1984)
Restauration et découvertes archéologiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Allée couverte (non cadastré ; domaine maritime) : classement par arrêté du 19 février 1960
Personnages clés
| Paul du Châtellier - Archéologue |
Premier descriptif détaillé en 1896. |
| Alfred Devoir - Chercheur |
Interprète le site en 1912. |
| Pierre-Roland Giot - Archéologue |
Demande le classement en 1957. |
| Yannick Lecerf - Archéologue |
Dirige les fouilles (1983-1984). |
Origine et histoire
L’allée couverte de Guinirvit, dite aussi allée du Kernic, est un site mégalithique situé sur le rivage de l’anse de Kernic, à Plouescat (Finistère). Ce monument, daté du Néolithique final, se compose de deux allées parallèles mesurant environ 10 mètres de long, aujourd’hui privées de leurs dalles de couverture. Il est partiellement submergé lors des grandes marées et a souffert de l’érosion marine ainsi que de réutilisations ultérieures (cale pour goémoniers, amarrage de bateaux). Une dalle de chevet massive de plus de 4 tonnes marque l’extrémité de la chambre principale, prolongée par une cella triangulaire.
Les premières descriptions du site remontent à 1896, lorsque Paul du Châtellier observe un « vaste monument mégalithique » composé de trois rangées de pierres, partiellement ensablé. En 1912, Alfred Devoir interprète le site comme un dolmen à galerie avec chambres annexes, accompagné d’un cromlech de soutènement. Les plans dressés vers 1920 par le commandant Morel révèlent des disparités entre les parties nord et sud, peut-être dues à l’ensablement ou à des choix de représentation. Pierre-Roland Giot obtient son classement au titre des monuments historiques en 1960, après une demande en 1957.
Deux campagnes de fouilles, dirigées par Yannick Lecerf en 1983 et 1984, ont permis de restaurer partiellement le site et de recueillir un mobilier archéologique abondant malgré l’érosion. Parmi les artefacts exhumés figurent des outils en silex (grattoirs, pointes de flèches à ailerons), des tessons de céramique décorés au peigne (cultures Seine-Oise-Marne et campaniforme), et une pendeloque en fibrolithe. Les fosses de calage, profondes de 0,75 m en moyenne, et un dallage grossier en quartz et granite ont également été mis au jour. Un enclos ultérieur, matérialisé par deux fossés au nord-est, suggère des aménagements postérieurs à la construction initiale.
Le site illustre les défis de conservation des monuments littoraux, soumis à la fois aux aléas naturels (érosion, marées) et aux interventions humaines (réutilisation des pierres, aménagements portuaires). Son classement en 1960 et les fouilles des années 1980 ont permis de documenter son architecture complexe, incluant un péristalithe incomplet et des chambres annexes, tout en soulignant son rôle dans les pratiques funéraires et rituelles du Néolithique final en Bretagne.
L’allée couverte de Plouescat s’inscrit dans un paysage mégalithique breton riche, marqué par des alignements, dolmens et menhirs. Sa localisation côtière en fait un témoin privilégié des variations du niveau marin depuis 5 000 ans, comme en attestent les études géomorphologiques associées. Les découvertes céramiques et lithiques confirment des liens avec des réseaux culturels étendus, notamment les cultures campaniforme et Seine-Oise-Marne, caractéristiques de la fin du Néolithique et du Chalcolithique.