Frise chronologique
vers 3300 av. J.-C.
Construction de l’allée couverte
Construction de l’allée couverte
vers 3300 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Début de l’usage comme sépulture collective.
XIVe siècle
Appellation « cimetière des Anglais »
Appellation « cimetière des Anglais »
XIVe siècle (≈ 1450)
Légende liée à la guerre de Cent Ans.
1827
Plan de Leguay
Plan de Leguay
1827 (≈ 1827)
Mention de dalles de couverture disparues.
1867
Fouilles par Amédée de Caix
Fouilles par Amédée de Caix
1867 (≈ 1867)
Première exploration archéologique systématique.
16 avril 1969
Classement monument historique
Classement monument historique
16 avril 1969 (≈ 1969)
Protection officielle du site.
1972
Restauration du monument
Restauration du monument
1972 (≈ 1972)
Travaux de consolidation et copie de la dalle.
2018 et 2021
Nouvelles fouilles archéologiques
Nouvelles fouilles archéologiques
2018 et 2021 (≈ 2021)
Réévaluation à 100 inhumations identifiées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Allée couverte dite cimetière des Anglais (cad. AD 411) : classement par arrêté du 16 avril 1969
Personnages clés
| Amédée de Caix de Saint-Aymour - Archéologue et vicomte |
A fouillé le site en 1867. |
| Leguay - Cartographe (1827) |
A dressé un plan des vestiges. |
Origine et histoire
L’allée couverte du cimetière aux Anglais, située dans le bois des Loctaines à Vauréal (Val-d’Oise), fut édifiée vers 3300 av. J.-C. et utilisée pendant environ 1000 ans comme sépulture collective. Connue localement depuis des siècles, elle fut partiellement pillée et surnommée « cimetière des Anglais » dès le XIVe siècle, en référence à l’occupation anglaise pendant la guerre de Cent Ans, bien qu’aucun corps de cette période n’y ait été trouvé. Les ossements exhumés, tous datés du Néolithique, révèlent une centaine d’individus inhumés, avec des traces d’arthrose, de trépanation et de tuberculose.
Le monument, orienté est-ouest, se compose d’une chambre funéraire de 13 m de long, délimitée par des orthostates en grès (certaines pesant jusqu’à 5 tonnes) et segmentée par des murets transversaux. La dalle d’entrée, ornée d’une gravure de bateau et percée d’une ouverture en « bouche de four », fut retrouvée brisée à plusieurs centaines de mètres du site. Les fouilles, menées en 1867 par le vicomte Amédée de Caix de Saint-Aymour, puis en 1972 et 2018, ont mis au jour un mobilier funéraire riche : haches polies, colliers de perles, et une hache-amulette en jadéite.
Classé monument historique en 1969 et restauré en 1972, le site est intégré aux armoiries de Vauréal depuis 1943. Les objets archéologiques sont conservés au musée de Guiry-en-Vexin et au musée de Senlis. L’édifice, initialement recouvert de dalles ou d’une structure en bois, était probablement enterré, seule l’entrée émergeant pour marquer son emplacement dans la vallée de l’Oise.
Les analyses des ossements suggèrent une utilisation prolongée du site, avec jusqu’à 300 à 400 inhumations estimées sur sa période d’usage. Les défunts, majoritairement adultes, présentent peu de traces de mort violente, indiquant une société néolithique stable. Le mobilier funéraire, incluant des parures et des outils en silex, témoigne de pratiques rituelles et d’un artisanat développé.
L’allée couverte doit son nom à une légende locale liée à la guerre de Cent Ans, bien que son usage soit exclusivement préhistorique. Son pillage partiel avant les fouilles a limité les découvertes, mais la couche archéologique de 1867 était encore intacte à 40 cm d’épaisseur, révélant des squelettes en connexion anatomique et des objets en fibrolithe ou en os. Les restaurations modernes ont permis de stabiliser la structure, menacée par l’érosion du sol sableux.