Frise chronologique
entre 2800 et 2260 av. J.-C.
Période d'utilisation
Période d'utilisation
entre 2800 et 2260 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Datation au carbone 14 des charbons
1907
Première mention écrite
Première mention écrite
1907 (≈ 1907)
Par M. Pichot (bulletin archéologique)
1908
Seconde mention
Seconde mention
1908 (≈ 1908)
Par L. Trohel (*Souvenirs celtiques*)
1942
Pillage présumé
Pillage présumé
1942 (≈ 1942)
Fouille clandestine signalée
1978-1982
Campagnes de fouilles
Campagnes de fouilles
1978-1982 (≈ 1980)
Cinq fouilles archéologiques officielles
14 juin 1988
Classement MH
Classement MH
14 juin 1988 (≈ 1988)
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Sépulture mégalithique (cad. ZW 9) : inscription par arrêté du 14 juin 1988
Personnages clés
| M. Pichot - Historien local |
Premier à mentionner le site (1907) |
| L. Trohel - Auteur et archéologue |
Décrit le monument en 1908 |
| Roger Bouillon - Archéologue |
Dirigea les fouilles (1978-1982) |
Origine et histoire
L’allée couverte du Petit Vieux Sou, située à Brecé dans la Mayenne (Pays de la Loire), est un site mégalithique emblématique du Néolithique final. Édifiée à 157 m d’altitude sur un plateau dominant la vallée de la Colmont, elle mesure 11 m de long, avec une largeur et hauteur constantes de 1,40 m. Sa structure, orientée nord-ouest/sud-est, comprend vingt-et-un orthostates délimitant une chambre funéraire accessible par une entrée latérale typique des allées armoricaines, précédée d’un couloir de 2,20 m. Le tumulus ovale (15 x 6 m), consolidé par des contre-piliers en quinconce, était recouvert d’un cairn aujourd’hui disparu. Le monument, bien conservé, a fait l’objet d’une restauration partielle en réutilisant des matériaux locaux pour remplacer un orthostate, quatre tables de couverture et des pierres du cairn.
La première mention écrite de l’allée remonte à 1907 par M. Pichot, suivie en 1908 par L. Trohel dans ses Souvenirs celtiques. Pillée en 1942, elle a été fouillée systématiquement entre 1978 et 1982, révélant un mobilier funéraire riche malgré l’acidité du sol : 1 280 objets dont 13 vases quasi complets, 5 haches polies, des armatures de flèche et une pendeloque en schiste. La datation au carbone 14 des charbons de bois (1979) situe son utilisation entre 2800 et 2260 av. J.-C. Une partie des artefacts est exposée au musée archéologique de Jublains. Classée monument historique en 1988, cette sépulture collective illustre les pratiques funéraires et l’artisanat du Néolithique dans l’Ouest de la France.
Le monument se distingue par son architecture soignée, notamment l’entrée en « hublot » retaillée à la base des piliers d’angle, probablement obturée à l’origine par une dalle. Le parement externe du tumulus, constitué de pierres plates inclinées, a été partiellement reconstitué côté est sur 7 m. Le remplissage, composé d’argile et de sable compacté, enveloppait la chambre comme une gaine étroite. Malgré les pillages, les fouilles ont permis de reconstituer un rituel funéraire complexe, marqué par l’absence d’ossements mais une abondance d’offrandes (céramiques grossières à décors frustes, outils en silex et dolérite). Ces découvertes soulignent le rôle symbolique et social des allées couvertes comme lieux de mémoire collective pour les communautés néolithiques.
L’allée couverte du Petit Vieux Sou s’inscrit dans un réseau de sites mégalithiques mayennais, caractérisés par leur entrée latérale et leur intégration paysagère. Son état de conservation exceptionnel a permis une restauration fidèle, tout en documentant les techniques de construction (orthostates, tables de couverture) et les adaptations locales (cairn, tumulus). Les objets découverts, notamment les vases dissymétriques et le gobelet percé, interrogent sur leur usage rituel ou quotidien. Classée parmi les monuments historiques, cette sépulture offre un témoignage tangible des échanges culturels et technologiques entre l’Armorique et les régions voisines durant le IIIe millénaire av. J.-C.