Frise chronologique
Néolithique final (vers 2 100 - 2 400 av. J.-C.)
Construction et utilisation
Construction et utilisation
Néolithique final (vers 2 100 - 2 400 av. J.-C.) (≈ 355 av. J.-C.)
Période estimée d'édification et d'usage funéraire
Années 1950-1960
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
Années 1950-1960 (≈ 1955)
Études menées par Jean L’Helgouach
1956
Classement monument historique
Classement monument historique
1956 (≈ 1956)
Protection officielle par arrêté ministériel
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Allée couverte (cad. C 710) : classement par décret du 27 mars 1961
Personnages clés
| Jean L’Helgouach - Archéologue |
A étudié et fouillé le site (1957, 1966) |
Origine et histoire
L’allée couverte et le menhir de Prajou-Menhir, situés à Trébeurden dans les Côtes-d’Armor, sont des vestiges emblématiques du Néolithique breton. L’édifice, classé monument historique en 1956, se distingue par son architecture en deux parties : une chambre principale de 9,50 m de long, prolongée par une cellule terminale trapézoïdale. Son entrée, orientée à l’est (azimut 105°), comprend un vestibule et un passage étroit, une disposition récurrente dans les allées couvertes de la région, comme à La Roche-aux-Fées ou à Lesconil.
Le décor intérieur est exceptionnel, avec des sculptures et gravures pariétales représentant des paires de seins, des idoles carrées stylisées, et des pointes de lance. Ces motifs, dont certains évoquent des influences nordiques (vases Kragenflaschen) ou chypriotes (pointes de lance aplaties), suggèrent une fonction à la fois funéraire et sanctuariale. Trois orthostates de la chambre et quatre de la cellule terminale portent ces décors, dont une idole carrée surmontée d’un appendice en crosse, unique en son genre dans les allées couvertes bretonnes.
Les fouilles ont révélé un mobilier funéraire modeste mais révélateur : outils en silex (pointes de flèche, grattoir), perles en quartz, et céramiques grossières associées à la culture Seine-Oise-Marne. L’absence de charbons de bois empêche une datation précise par radiocarbone, mais le style des poteries et des gravures situerait le monument entre 2 100 et 2 400 av. J.-C., durant le Néolithique final. Le menhir adjacent, haut de 2,20 m, servait probablement de marqueur indicatif pour la tombe.
L’archéologue Jean L’Helgouach, qui a étudié le site dans les années 1950-1960, a souligné la richesse du décor de la cellule terminale, interprétée comme un sanctuaire. Les comparaisons avec d’autres sites mégalithiques (Mougau-Bihan, Crec’h Quillié) renforcent l’hypothèse d’échanges culturels lointains, notamment avec Chypre ou les Cyclades. Malgré son état partiel (une dalle gravée originale est conservée au Musée d’Archéologie Nationale), le site reste un témoignage majeur de l’art et des pratiques funéraires néolithiques en Armorique.