Origine et histoire de l'allée couverte
L’allée couverte du Bois-Couturier, découverte en 1915 par un ouvrier agricole à Guiry-en-Vexin (Val-d’Oise), est un monument funéraire néolithique creusé dans un coteau dominant la vallée de l’Aubette. Orientée nord-nord-est/sud-sud-est, elle mesure 8,50 m de long et se compose d’une chambre sépulcrale de 7 m, recouverte de trois dalles de calcaire, et d’une antichambre ornée de sculptures symboliques, dont le motif dit de la « déesse des morts », caractéristique des sites de la culture Seine-Oise-Marne. Son entrée, percée d’un « Trou des âmes » circulaire, était fermée par un bouchon de 158 kg aujourd’hui conservé au musée archéologique départemental.
Les fouilles, interrompues entre 1915 et 1919 en raison des conditions météo et de la Première Guerre mondiale, furent menées par Romain Branchu (instituteur), Léon Plancouard (archéologue), puis Adrien de Mortillet. Elles révélèrent environ 200 inhumations en désordre, des outils en silex, des poteries, et un foyer néolithique dans l’antichambre. Classée Monument Historique en 1958, l’allée subit des dégradations et fouilles clandestines avant sa restauration finale en 1973. Des analyses au C14 datent le site de la fin du IIIe millénaire av. J.-C., confirmant son appartenance au Néolithique récent.
L’architecture du monument illustre les techniques de construction mégalithiques : murs en plaquettes de calcaire cimentées de terre, tables de couverture massives (jusqu’à 3,75 m de long), et sol non dallé. L’antichambre, délimitée par deux orthostates sculptés, abritait trois squelettes complets et des ossements dispersés de vingt individus, dont des femmes, des hommes et des jeunes adultes. Les crânes étudiés à l’École des hautes études révélèrent une taille moyenne de 1,62 m pour les hommes et 1,54 m pour les femmes, offrant un éclairage sur les populations néolithiques locales.
Le mobilier archéologique recueilli inclut des silex (grattoirs, flèches), des outils en os, et des tessons de poterie, dont certains décorés. Le bouchon d’entrée, équipé d’un anneau pour une barre en bois, est une réplique — l’original étant exposé au musée du Val-d’Oise. Le site, propriété départementale, témoigne des pratiques funéraires collectives et de l’art mégalithique de la région parisienne, tout en ayant inspiré des œuvres contemporaines, comme la fiction « Les aventures avec ma voisine » (2023).