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Amphithéâtre d'Agen dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé
Vestiges Gallo-romain
Amphithéâtre gallo-romain
Amphithéâtre dAgen
Amphithéâtre dAgen

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
300
400
500
1900
2000
Ier siècle apr. J.-C.
Construction et agrandissement
Fin IVe siècle
Début de l'abandon
Début XIXe siècle
Hypothèse de localisation
1984
Confirmation du site
1988–1989
Fouilles de sauvetage
31 janvier 1991
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jules-César Scaliger - Humaniste du XVIe siècle Mentionne un amphithéâtre (confondu avec le théâtre)
Jean Florimond Boudon de Saint-Amans - Historien local (début XIXe) Pressent l’existence de l’amphithéâtre via l’odonymie
Renaud-Yves Dufilho - Archéologue Évoque un architecte commun avec Bordeaux/Poitiers

Origine et histoire

L’amphithéâtre d'Agen, construit à Aginnum (actuelle Agen) en Aquitaine seconde, date probablement du Ier siècle apr. J.-C.. Ses dimensions maximales (115 × 100 m) et sa capacité estimée (12 000 à 15 000 places) en font un monument majeur, comparable aux amphithéâtres de Bordeaux ou Poitiers. Son abandon, lié à la récupération de pierres, débute dès la seconde moitié du IVe siècle, dans un contexte de déclin urbain progressif.

La localisation de l’amphithéâtre est pressentie dès le XIXe siècle grâce à l’odonymie (rue des Arènes) et confirmée en 1984 par l’analyse du parcellaire. Ses vestiges ne sont cependant exhumés qu’en 1988-1989, lors de fouilles de sauvetage dans le quartier des Tanneries. Ces découvertes révèlent deux phases de construction : un premier état transitoire (107 × 90 m, 6 000 places) suivi d’un agrandissement avec portique extérieur, typique des amphithéâtres romains.

L’édifice, enfoui après les fouilles, est inscrit aux monuments historiques en 1991. Son architecture combine des murs annulaires en opus vittatum et des escaliers en pierre, tandis que l’arène (67 × 50 m), dépourvue de sous-sols, suggère une adaptation au terrain marécageux asséché. Les similitudes avec les amphithéâtres de Pula (Croatie) ou Poitiers laissent supposer une influence architecturale commune, voire un même maître d’œuvre.

Le site, intégré à la ville gallo-romaine d’Aginnum (80 ha), s’articule autour du decumanus et du cardo, axes majeurs reliant le théâtre et l’amphithéâtre. La cité, prospère sous Auguste grâce à sa position commerciale (confluence Garonne/ruisseau de la Masse), décline dès le IIe siècle. Au IVe siècle, elle devient la Civitas Agenensium, mais ses monuments sont démantelés pour réemployer leurs matériaux, sans preuve d’un abandon total avant le Ve siècle.

L’oubli de l’amphithéâtre persiste jusqu’à sa redécouverte moderne. Au XVIe siècle, Jules-César Scaliger et son fils confondent ses vestiges avec ceux du théâtre antique, situé au sud. Les fouilles des années 1980 révèlent aussi des réutilisations médiévales (XIIIe–XIVe siècles) : les structures romaines servent de fondations, et la cavea est comblée. La polémique post-fouilles oppose municipalités et associations sur la visibilité des vestiges, aujourd’hui préservés sous les aménagements urbains.

Liens externes