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Amphithéâtre de Chenevières à Montbouy dans le Loiret

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Amphithéâtre gallo-romain

Amphithéâtre de Chenevières

    D93
    45230 Montbouy
Propriété privée
Crédit photo : Joël Thibault - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1836
Étude par J.-B. Lollois
1862
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Amphithéâtre de Chenevières : classement par liste de 1862

Personnages clés

J.-B. Lollois - Archéologue A étudié l'amphithéâtre en 1836.
Eugène Boutet de Monvel - Historien (1863) Évoque l'occupation gauloise pré-romaine.
Pierre Bastien - Numismate Analysa les trésors monétaires en 1959.

Origine et histoire

L’amphithéâtre de Chenevières, situé à 1 km au nord de Montbouy (Loiret), fait partie d’un ensemble thermal et cultuel gallo-romain développé aux Ier et IIe siècles. Adossé à un coteau près du Loing, il combine les caractéristiques d’un théâtre (cavea semi-circulaire à 135°) et d’un amphithéâtre (arène elliptique de 50,70 m × 34,20 m). Construit en petit appareil de pierre de taille, sa structure pleine, composée de remblais, était limitée par des murs latéraux, un podium, et un haut mur périphérique. Aucune trace de gradins en pierre ou bois n’a été confirmée ; la cavea était probablement en terre, aménagée au XIXe siècle en jardins en terrasse. Classé Monument Historique dès 1862, il illustre l’hybridation architecturale typique des agglomérations secondaires de Gaule lyonnaise.

Le site était un vicus majeur des Sénons, à la frontière de leur territoire avec celui des Carnutes, intégrant un sanctuaire de source quadrilatère entouré d’une galerie. Ce dernier abritait un bassin circulaire octogonal, remplaçant la cella classique, où furent découverts des ex-voto en bois et des statues grossièrement sculptées dans des troncs. À mi-chemin entre l’amphithéâtre et le sanctuaire, des thermes (partiellement détruits par le creusement du canal de Briare au XIXe siècle) révélèrent une mosaïque aux motifs rectangulaires uniques, reposant sur un béton rose local. Un fanum (petit temple), un puits, et des caves complétaient l’ensemble, reliés par un aqueduc romain dont des tronçons furent exhumés près de l’église et du Loing. Le site, abandonné au IVe siècle, resta connu sous le nom de « Cirque des Sarrasins » au Moyen Âge.

L’amphithéâtre est cité dès le XVIIe siècle et étudié en 1836 par J.-B. Lollois, avant des fouilles intermittentes aux XIXe et XXe siècles. Neuf trésors monétaires y furent découverts, confirmant son rôle de lieu de passage et de pèlerinage. Les crues du Loing et du ru Simon, ainsi que la proximité de la boucle fluviale enserrant le sanctuaire, expliquent l’absence d’habitations durables sur le site. À 1,5 km en amont, des sarcophages mérovingiens attestent d’une occupation postérieure, tandis que les vestiges romains (fondations, murs) suggéraient aux archéologues du XIXe siècle « le sol tout entier d’une ville détruite ». L’ensemble reflète l’organisation cultuelle et sociale des civitates gallo-romaines, où théâtres et amphithéâtres servaient de lieux de rassemblement et de culte.

Le site archéologique inclut aussi des ex-voto comparables à ceux trouvés près des sources de la Seine, soulignant des pratiques religieuses partagées en Gaule romaine. Les statues en bois, rares, et les pièces de monnaie (étudiées par Pierre Bastien en 1959) révèlent un culte lié aux sources, typique des sanctuaires ruraux. L’aqueduc, alimentant probablement les thermes, montre une maîtrise hydraulique avancée. Malgré son abandon précoce, le site resta un repère topographique, mentionné dans la chanson de geste Garin le Lorrain. Les fouilles du XIXe siècle, bien que partielles, ont permis de documenter un complexe où théâtre, thermes et temple formaient un tout cohérent, caractéristique de l’urbanisation gallo-romaine en milieu rural.

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