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Amphithéâtre gallo-romain à Agen dans le Lot-et-Garonne

Lot-et-Garonne

Amphithéâtre gallo-romain

    8 Impasse Courtine des Arènes
    47000 Agen
Propriété privée
Crédit photo : Joël Thibault - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
300
400
500
1900
2000
Ier siècle apr. J.-C.
Construction initiale
Ier siècle apr. J.-C. (seconde moitié)
Agrandissement
IVe siècle (seconde moitié)
Abandon et récupération
Début XIXe siècle
Hypothèse de localisation
1988-1989
Fouilles archéologiques
31 janvier 1991
Inscription Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les vestiges de l'ancien amphithéatre (cad. BL 283 à 286, 289, 291 à 308, 314, 315, 407, 412, 415 à 423, 425 à 428, 436, 631, 637, 659 à 661, 666, 683, 684, 702, 703, 715, 716, 779, 785 à 787, 816, 817) : inscription par arrêté du 31 janvier 1991

Personnages clés

Jean Florimond Boudon de Saint-Amans - Erudit local Pressent l’existence de l’amphithéâtre (XIXe siècle)
Jules César Scaliger - Humaniste (XVIe siècle) Évoque un amphithéâtre (confondu avec le théâtre)
Bruno Bizot - Archéologue Fouilles de 1988-1989 et publication (1992)
Myriam Fincker - Archéologue Co-autrice des fouilles et études

Origine et histoire

L’amphithéâtre d’Agen, construit entre le règne d’Auguste et la seconde moitié du Ier siècle apr. J.-C., s’inscrit dans le développement d’Aginnum, ville gallo-romaine fondée à la confluence de la Garonne et du ruisseau de la Masse. Son architecture, proche des amphithéâtres de Bordeaux ou Poitiers, évolue en deux phases : un premier état (107 × 90 m, 6 000 places) suivi d’un agrandissement (115 × 100 m, 12 000 à 15 000 places) avec un portique extérieur. Les matériaux locaux (calcaire aquitanien) et des techniques maçonnées (opus vittatum, noyau en opus caementicium) caractérisent sa construction.

Son abandon progresse dès la seconde moitié du IVe siècle, avec une récupération systématique de ses pierres pour d’autres constructions. Oublié après le Moyen Âge, son existence est pressentie au XIXe siècle grâce à l’odonymie (rue des Arènes) et confirmée en 1988-1989 par des fouilles archéologiques dans le quartier des Tanneries. Ces découvertes, suivies d’une inscription aux Monuments Historiques en 1991, révèlent un huitième de la structure, enfoui sous des aménagements modernes, suscitant des débats sur sa préservation.

L’amphithéâtre s’intègre dans un réseau urbain antique organisé autour du decumanus et du cardo, aux extrémités desquels se situent le théâtre et l’amphithéâtre. Aginnum, dépourvue d’enceinte, s’étend sur 80 hectares et décline à partir du IIe siècle, bien que la cité (Civitas Agenensium) persiste jusqu’au Ve siècle. Les vestiges, partiellement fouillés, montrent une cavea en bois et pierre, des vomitoires axiaux, et une arène (67 × 50 m) sans aménagements souterrains, en raison de la nappe phréatique.

La redécouverte du monument doit beaucoup aux travaux de Jean Florimond Boudon de Saint-Amans (début XIXe siècle) et aux fouilles de 1988-1989, dirigées par des archéologues comme Bruno Bizot et Myriam Fincker. Ces recherches soulignent des similitudes avec les amphithéâtres de Pula (Croatie) ou Poitiers, suggérant une possible intervention d’un même architecte. Aujourd’hui, ses vestiges, protégés mais non visibles, restent un témoignage clé de l’Antiquité dans le Sud-Ouest.

Le site, initialement marécageux puis asséché, illustre l’adaptation romaine aux contraintes locales. Son histoire reflète aussi les dynamiques urbaines d’Aginnum : prospérité liée au commerce fluvial et routier sous le Haut-Empire, puis déclin progressif. Les réutilisations médiévales (XIIIe-XIVe siècles) de ses structures en fondations montrent une continuité d’occupation, malgré l’oubli de sa fonction originale.

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