Frise chronologique
1912
Construction de l'abri
Construction de l'abri
1912 (≈ 1912)
Inauguration sur la pointe du Rosmeur
1914-1917
Réquisition militaire
Réquisition militaire
1914-1917 (≈ 1916)
Utilisé comme caserne pendant la Première Guerre
1936
Évolution des services
Évolution des services
1936 (≈ 1936)
Ajout de permanences sociales et enseignement ménager
1973
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1973 (≈ 1973)
Fin de son usage comme abri pour marins
27 octobre 2007
Classement monument historique
Classement monument historique
27 octobre 2007 (≈ 2007)
Protection des façades et toitures
2023
Début des travaux immobiliers
Début des travaux immobiliers
2023 (≈ 2023)
Transformation en neuf appartements haut de gamme
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures (cad. AA 10) : inscription par arrêté du 29 octobre 2007
Personnages clés
| Jacques de Thézac - Fondateur de l’Œuvre des Abris du Marin |
Initiateur du projet social et éducatif |
| René Darde - Architecte de l’abri |
Concepteur du bâtiment néogothique |
| Stéphanie Stein - Ancienne propriétaire (2018-2022) |
Porteuse du projet avorté de Maison des Lumières |
Origine et histoire
L’ancien abri du marin de Douarnenez, construit en 1912 par l’architecte René Darde pour l’Œuvre des Abris du Marin, incarne la volonté de Jacques de Thézac d’offrir aux pêcheurs des lieux sains et éducatifs. Inspiré des sailor’s homes britanniques, il propose une salle commune, une bibliothèque, un dispensaire et un dortoir, tout en luttant contre l’alcoolisme endémique parmi les marins sardiniers. Son style néogothique, avec crépi rose et fenêtres lancéolées, le rend visible depuis la mer, symbolisant un refuge à la fois physique et moral.
Pendant la Première Guerre mondiale, l’abri est réquisitionné par l’armée (1914-1917) avant de retrouver sa vocation sociale : cours ménagers, consultations pour nourrissons, et soutien aux veuves de marins après 1936. Dans les années 1950, il devient un lieu de mémoire pour les anciens pêcheurs, accueillant même un championnat de billard en 1962. Fermé en 1973, il est racheté par la commune en 1974 et abrite ensuite les rédactions des revues Chasse-Marée (1981-2018) et ArMen (1986-2003), consolidant son rôle dans la préservation du patrimoine maritime.
Classé monument historique en 2007 pour ses façades et toitures, l’abri fait l’objet de projets contrastés au XXIe siècle. En 2018, une exposition éphémère (Rendez-nous les Lumières) relance son attractivité culturelle, mais des tensions émergent avec sa vente en 2021 pour près d’un million d’euros, suscitant une pétition de 30 000 signatures contre sa transformation en logements haut de gamme. Malgré les protestations, des travaux débutent en 2023 pour créer neuf appartements, sous contrôle des Architectes des Bâtiments de France afin de préserver les éléments patrimoniaux comme l’escalier hélicoïdal ou les inscriptions du fronton.
L’abri du marin de Douarnenez illustre ainsi les défis contemporains de concilier préservation patrimoniale et pression immobilière. Son histoire reflète aussi l’évolution des rapports sociaux dans les ports bretons, passant d’un outil de protection des travailleurs de la mer à un enjeu de mémoire collective et de spéculation foncière. Son crépi rose, toujours visible depuis le port, rappelle aujourd’hui autant son passé solidaire que les controverses autour de son avenir.