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Ancien asile d'aliénés dans la Sarthe

Ancien asile d'aliénés

    6 Rue Etoc Demazy
    72100 au Mans
Propriété d'un établissement public
Ancien asile daliénés
Ancien asile daliénés
Ancien asile daliénés
Ancien asile daliénés
Crédit photo : Trowa Barton - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1828
Fondation de l'asile
1918
Épidémie de grippe espagnole
2001
Premier classement monument historique
2011
Fermeture définitive
2016
Extension du classement
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eléments suivants tels qu'ils figurent sur le plan joint à l'arrêté : la chapelle (n° 1) et le pavillon des "agités" -côté rivière Huisne (n° 3A) , en totalité ; les galeries de circulation reliant les bâtiments désignés au présent arrêté ; les façades et toitures des bâtiments suivants : les deux pavillons encadrant la chapelle (n° 2A et 2B) , la porterie (n° 4) , le bâtiment de direction au centre de la cour (n° 5) -à l'exception des locaux de service XXe siècle (n° 6) -, les pavillons de malades situés de part et d'autre de la cour centrale (n° 7A, 7B, 8A, 8B, 9A, 9B) , les deux pavillons de services reliés au bâtiment de direction (n° 10A et 10 B) , le pavillon des hôtes de première classe côté rivière Huisne (n° 11) , la maison du médecin chef et son bâtiment de jardin (n° 12) ; les terrains d'assiette, y compris les murs de clôture (cad. HW 166, 294) : classement par arrêté du 4 octobre 2001

Personnages clés

Gustave Etoc - Médecin chef et directeur Donna son nom à l’hôpital.
Hippolyte Lebas - Auteur du plan-type (1818) Inspiré des théories d’Esquirol.
Félix Delarue - Architecte de l’asile Conçut les bâtiments en 1828.
Jean-Étienne Esquirol - Psychiatre toulousain Théoricien influent pour le plan.

Origine et histoire

L’hôpital Etoc-Demazy, ouvert en 1828 au Mans, est un hôpital psychiatrique emblématique du XIXe siècle. Construit selon un plan-type de 1818 conçu par Hippolyte Lebas et inspiré des théories du docteur Esquirol, il fut l’un des premiers asiles de France. L’architecte Félix Delarue en dessina les bâtiments, organisés autour d’un axe central avec chapelle, pavillons pour malades, et une séparation stricte entre hommes et femmes. Certains espaces, comme l’aile des agités ou l’amphithéâtre de dissection, conservent encore leurs installations d’origine.

L’asile connut des périodes critiques, notamment lors de l’épidémie de grippe espagnole (1918), qui décima un tiers des 1 000 pensionnaires. La sous-alimentation aggrava aussi les conditions pendant les deux guerres mondiales. Dirigé par le docteur Gustave Etoc, l’établissement servit de modèle pour d’autres hôpitaux psychiatriques, bien que ses infrastructures, jamais modernisées, devinrent obsolètes. La fermeture définitive survint en 2011, avec le transfert des activités vers l’hôpital d’Allonnes, plus moderne.

Classé monument historique depuis 2001 (puis étendu en 2004 et 2016), le site inclut la chapelle, le pavillon des agités, les galeries, et plusieurs façades. Après sa fermeture, une partie des bâtiments fut réaffectée à des bureaux (comme l’ARAF) ou des projets urbains, intégrant le quartier des Gares du Mans, dynamisé par l’arrivée du TGV (1989) et du tramway (2007). Les journées du patrimoine (2010-2011) permirent au public de découvrir son histoire et son architecture, avant sa transformation en ensemble immobilier et commercial.

L’asile s’inscrit dans une histoire plus large de la psychiatrie française, marquée par les travaux d’Esquirol et les évolutions des soins aux malades mentaux. Son implantation sur l’emplacement d’un ancien hôpital pour contagieux (1584) souligne aussi la continuité des lieux de soins au Mans. Les sœurs de l’abbaye de Notre-Dame d’Évron y jouèrent un rôle religieux et social pendant des décennies, organisant fêtes et soutiens aux pensionnaires.

Aujourd’hui, le site, en partie préservé, témoigne de l’architecture hospitalière du XIXe siècle et des défis de la conservation du patrimoine médical. Son classement protège des éléments clés comme la conciergerie, les pavillons, et les murs de clôture, tandis que son intégration dans un projet urbain contemporain interroge sur l’équilibre entre mémoire et modernité.

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