Origine et histoire
L’asile départemental de l’Yonne, fondé en 1838 suite à la loi sur les aliénés, fut conçu par le docteur Girard de Cailleux selon les principes thérapeutiques d’Esquirol. Implanté sur l’emplacement d’un ancien hôpital général du XVIIe siècle, il sépare les malades par pathologie dans des pavillons symétriques, reliés par des galeries couvertes. La chapelle Notre-Dame-de-Lorette (1761), à façade néo-classique, et les bâtiments du XIXe siècle (1840-1860) sont inscrits aux monuments historiques depuis 2002.
L’établissement, modèle pour d’autres asiles français comme Sainte-Anne, bénéficia du soutien du préfet Haussmann (1850-1852), qui permit l’achèvement des travaux en 1858. Alimenté par une source distante via un tunnel de 340 m, il intégrait jardins potagers et le clos de la Chaînette, vignoble historique. Réquisitionné par la Waffen-SS en 1944, il devint centre hospitalier spécialisé en 1980 avant d’être transformé en résidence (Clos des Vignes) en 2005, conservant ses structures du XIXe siècle.
L’hôpital général originel (1675), fondé par l’évêque Nicolas Colbert pour les orphelins et vieillards, abritait une manufacture de coton au XVIIIe siècle. La chapelle, reconstruite en 1761 par l’architecte Durand, fut préservée lors de la démolition partielle des bâtiments en 1824 pour laisser place à l’asile. Les plans symétriques, inspirés des théories d’Esquirol, classaient les malades en quatre catégories (paisibles, agités, etc.), avec des ateliers et espaces verts comme outils thérapeutiques.
Les architectes Jean Boivin et M. Piéplu dirigèrent les travaux (1841-1858), tandis que le baron Haussmann, futur préfet de la Seine, y vit un prototype pour les asiles parisiens. Le réservoir, la morgue, et la maison du médecin-directeur (inscrits en 2002) complètent l’ensemble, aujourd’hui propriété publique départementale. Les nouveaux bâtiments hospitaliers (2003-2006) ont remplacé les structures obsolètes, mais les pavillons historiques, symboles de l’évolution psychiatrique, subsistent.